Carnet de Voyage – Les Amériques

Cette page résume mon séjour en Amérique du Sud et Centrale. Veuillez m’excuser pour le style d’écriture très bref, mais mon objectif est de vous partager ce que je vois et vis sur la route.

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Comme partout depuis que je suis partis le 3 Septembre 2016, je suis reçu généreusement par les locaux. Ce qui est remarquable ici est que je me fais même offrir des cadeaux par les locaux (C’est vrai que c’était aussi le cas au Moyen Orient), allant de repas dans les restaurants, à des objets traditonnels…en passant par des nuits dans des hotels 5 étoiles…pour finir par passer des nuits mémorables chez l’habitant. J’ai même reçu une bierre en canette (alors que je ne bois pas) que j’ai reçu avant d’aider un camionneur qui était tombé en panne et qui avait besoin de mes outils et de ma torche car la nuit était déjà tombée. Je garde la bierre dans mon sac au cas ou je dois l’utiliser comme devise locale…Pour les amateurs, c’est une bierre Brésilienne! A la votre! 

Notes sur l’Argentine (Avril 2017)

  • Visites et trajets:
    • Route de Buenos Aires (Malba Museum, Musee d’histoire, Quartier Italien) à Rosario
    • Route de Rosario à Vera
    • Route de Vera à Corrientes
    • Route de Corrientes à Ituzaingo
    • Passage de frontière avec le Paraguay à Posadas
  • Anecdotes plus ou moins sympas:
    • Buenos Aires8 jours à Buenos Aires à attendre la moto qui n’a eu qu’un jour de retard, après être restée bloquée à Sao Paolo car l’entreprise de Cape Town n’avait pas confirmé la liaison de Sao Paolo à Buenos Aires. J’avais longuement hésité à l’envoyer à Montevideo en pensant que les coûts allaient être moindres, et à ne pas utiliser d’agent mais avec la semaine Sainte impliquant une semaine de 3 jours, j’ai joué la carte “zéro risque” (malgré des dépenses supplémentaires) afin de m’assurer que la moto soit livrée avant le weekend de 4 jours. Je ne me voyais pas rester 12 jours à Buenos Aires et à mal dormir dans des dortoirs de 15, où chacun vit des rythmes de vies différents. On m’avait dit que la douane côté Argentin allait tout faire pour me faire débourser plus d’argent mais je n’ai pas eu à connaitre ça.17796642_790456007779556_5934241345425295483_n
      Mon séjour à Buenos Aires, que je connaissais déjà de mon voyage en 2010, a été très sympa malgré la pluie. J’ai rencontré d’autres voyageurs avec qui j’ai pu passer du bon temps. Cependant, j’ai quand même eu plus de mal à m’adapter au décalage horaire avec l’Afrique du Sud et au rythme de vie Argentin.18260948_10154409108855671_692658572_o
      Les locaux commencent à faire la fête à 2h du matin…quand tout est déjà fermé à Londres ou Santiago. Le vol pour venir de Cape Town a été plutot chouette car le personnel m’a upgradé en Business donc j’ai pu profiter d’un vrai lit pour le vol transatlanique, et de bons plateaux repas.
    • Rosario: La route de Buenos Aires à Rosario marquait mes premiers kilomètres de route sur le continent Sud Américain. J’en ai donc profité pour salir mes pneux tout neufs que j’avais fait changer à Cape Town (MT21 rally cross). J’étais content d’être de retour assis sur la moto. Je ne pourrai plus voyager en bus. La moto me donne tellement plus de libertés. Je voyais à l’auberge ces autres backpackers développer leurs itinéraires en fonction des horraires et itinéraires de bus, mais je n’aurai plus la foi. Le sentiment doit être le même entre le statut d’entrepreneur (motard) et salarié (backpacker) ;).
      Je n’avais pas signé de pacte avec ma douce soeur qui m’obligeait à dormir dans des campings, comme ce qui avait été le cas en Afrique donc là j’étais encore plus libre.18253801_10154409108550671_854442422_n
      En arrivant à Rosario, je decouvris que tous les campings étaient soient fermés car ce n’est plus la saison, ou soit ouverts que pour la journée, servant donc de parcs pour les familles. Du coup, même si on m’avait dit que Rosario était une ville dangereuse, je n’eu que le choix de planter ma tente de camping sur le bord d’un trottoir d’une impasse à côté d’un camping fermé. A 5h du matin, un pickup s’approcha et des bruits de klaxon m’ont révéillé. Ma moto empêchait le propriétaire du camping de rentrer chez lui. Je devais donc sortir de mon sommeil profond, switcher mon cerveau à l’espagnol et donner directement une image de confiance au local afin qu’il reste sympathique. On a parlé pendant 20 minutes puis je suis retourné me coucher. Un peu plus tard, il est revenu pour me proposer de rentrer dans le camping,  et donc chez lui pour que je puisse prendre une douche et partager le petit déjeuner avec lui et sa femme. Sa femme, Evangelina, m’a cuisiné 6 oeufs et elle m’a confirmé que je serai leur sujet de conversation à Paques lors de leur repas de famille.
      Ils étaient un peu sidérés quand je leur ai dit que j’avais déjà visité 50 pays à mon âge, sachant qu’ils n’avaient été qu’au Brésil une fois. Afin de tout relativiser, j’ai joué la carte que l’Europe regroupe des petits pays donc voyager est beaucoup moins cher et plus simple.
      Avant de rentrer chez lui, il m’a demandé de ranger tout mon matériel ainsi que la moto car le quartier n’était pas “safe”. C’etait aussi sympa de partager le Maté Argentin avec eux. On garde toujours contact. Ils m’ont offert un porte canif en cuir fait main.
    • Vera: La route entre Rosario était vraiment chouette. J’étais vraiment dans la campagne profonde du pays où l’on trouve des champs à perte de vue et des Estancias de plusieurs miliers d’hectares. Dans ces champs se trouvent soit de l’élevage, soit de l’agriculture. Il n’est pas rare de longer une Estancia pendant 1 heure, et ce qui rend la traversée encore plus chouette est que l’on voit des Caballeros à cheval.18236558_10154409109925671_1249274805_o
      Les champs sont tellements grands et tellement difficiles d’accès en 4×4 que seul le cheval est utile. De plus, le pays venait de connaitre une saison extraordinaire de pluie donc la plupart des champs étaient innondés. On aurait pu se croire en Camargue, meme si je n’ai jamais été.
      A plusieurs reprises, on m’a demandé si je n’étais pas Brésilien à cause de mon accent quand je parle espagnol. Une première qui est ensuite devenue une habitude.
      Quand on ne voyait pas des champs à perte de vue, des forets de pins à taille étatique se présentaient. C’est beau. Mon père aurait adoré. Il y a de quoi construire son chalet de rêve, inspiré des aventures de Nicolas Vanier.
    • ItuzaingoAvant le passage de frontière avec le Paraguay, et après une belle route sous la pluie, j’ai eu beaucoup de difficultés à trouver un lieu de camping sauvage pour mettre ma tente. Tout etait innondé. La veille j’avais dormis entre un champ de chevaux et un abattoir. Cette nuit, j’ai posé ma tente sur le seul bout de terre sec. Les moustiques m’ont vite trouvé. Pendant la nuit, un bruit de klaxon m’a encore une fois révéillé, mais cette fois ci, ce n’était pas pour moi mais pour un troupeau de vaches qui s’était installé sur la route. Du coup je suis quand même sortis pour voir au cas ou il m’était destiné.
      Le passage de frontière entre le Paraguay et l’Argentine s’est super bien passé. Il n’y a pas besoin de Carnet de Passage ce qui rend le processus un peu plus rapide. Il suffit juste de faire une demande pour un permis temporaire d’importation, qui se fait au poste de frontière. Seul le V5 Certificate est nécéssaire (pour moto anglaise). Le passage de frontière est spectaculaire puisqu’il s’agit de traverser un fleuve, où l’eau ne manque pas. On a l’impression à certains endroits de traverser une mer car on ne voit pas toujours le bout. Du côté Paraguayen, 2 jeunes moto taxis sont venus discuter avec moi, après avoir vu ma moto. Ils faisaient partis comme en Iran d’un groupe de motards qui se retrouve très régulierement. L’un d’entre eux avait une moto au look vintage. Ils prirent pleins de photos qu’ils mirent aussitôt sur les reseaux sociaux, après m’avoir demandé en ami sur Instagram.18236000_10154409109930671_1346678817_o
      Quelques heures après, j’ai croisé un couple de motards Argentins qui faisaient le tour de l’Amérique du Sud pendant 13 mois avec un chiot qu’ils avaient trouvé sur le bord de la route. Il est interdit de faire passer un chien entre les frontières, donc à chaque frontière, ils le lachent pour le retrouver un peu plus loin. En Bolivie, ils étaient restés 91 jours au lieu de 90, donc leur moto allait être confisquée par les douanes. Du coup, ils sont passés illégalement par les montagnes. Sans porter de jugement, je les trouvais bien crassseux et on pouvait voir qu’ils étaient sur la route depuis longtemps.
  • Notes historiques et culturelles:
    • Histoire: L’histoire de l’Argentine commence bien avant l’installation des Espagnols. Longtemps colonie espagnole, elle finit par obtenir son indépendance au xixe siècle. Elle est aujourd’hui profondément marquée par la dictature militaire de 1976-1983.
      L’Espagne inclura l’Argentine dans la vice-royauté du Pérou.
    • Une colonisation lente et difficile: À l’inverse de ce qu’ils
      firent au Pérou et en Bolivie, les Espagnols ne soumirent jamais totalement les principaux peuples amérindiens qui occupaient le territoire actuel de l’Argentine. La présence espagnole se limitait d’ailleurs au départ à de petits noyaux, essentiellement le long de la route importante dite Camino Real, destinée au début à drainer les richesses minières du Haut-Pérou (Bolivie actuelle) vers le Río de la Plata. Là fut construite, en 1536 une colonie appelée Buenos Aires
      En 1556 les Espagnols avaient introduit dans certaies régions le système de l’encomienda, par lequel chaque encomandero s’engageait à évangéliser et à sortir de la barbarie un certain nombre d’Indiens qui en retour devaient se mettre à son service. C’était un système d’asservissement impitoyable. De ce fait les rapports d’abord amicaux entre les Européens et les Indiens se modifièrent. Les révoltes se multiplièrent et atteignirent une grande violence en 1580, rendant la région ingouvernable. Pour sortir de ce bourbier, les Espagnols firent appel en 1585 aux Jésuites.
    • Invasions britanniques: Avec l’entrée en guerre de l’Espagne du côté napoléonien, le Royaume-Uni commença à faire des plans pour améliorer son influence dans les colonies espagnoles. En 1806, après avoir pris la colonie hollandaise du cap de Bonne Espérance, la flotte britannique cingla vers le Río de la Plata, apparemment sur initiative propre. La flotte ne tarda pas à prendre Montevideo, puis se dirigea vers Buenos Aires. En 1807 les Britanniques revinrent envahir le pays, mais cette fois officiellement et avec une puissante armée de 11.000 soldats. Le général John Whitelocke fut acculé à la capitulation générale, et le Royaume-Uni subit là une défaite particulièrement humiliante.
    • Naissance de la nation: Les Invasions anglaises sont très importantes dans l’histoire de l’Argentine, car elles sont le prélude à l’indépendance. Elles ont démontré la capacité du peuple à l’autodéfense, grâce à des milices civiles, et révélé que les Argentins étaient désormais en mesure de déterminer seuls leur propre destin. Les nouvelles de la Révolution française avaient fait germer les idées libérales en Amérique latine. Le pays engagea son processus d’affranchissement de l’Espagne le 25 mai 1810, lors de l’épisode appelé Revolución de Mayo ou Révolution de mai, en s’engageant dans des hostilités contre les Espagnols et leurs partisans.
    • Naissance de l’Argentine moderne:  Le 20 septembre 1880, le Congrès national déclara Buenos Aires capitale fédérale de la République. De 1880 à la crise de 1929, l’Argentine fut économiquement prospère, mais l’économie fut de plus en plus orientée vers l’exportation de matières premières et de produits agricoles et l’importation de produits industriels manufacturés : l’industrialisation ne se faisait pas, le modèle d’agro-exportation, au profit du Royaume-Uni, favorisant au sein du pays l’oligarchie des propriétaires terriens, tenant de gigantesques domaines latifundiaires.
    • Le Radicalisme (1916-1930): La politique economique se caractérisa par un « Plan de la Terre et du Pétrole », octroyant à l’État un rôle important d’intervention dans l’économie. «  La politique du président est de maintenir aux mains de l’État l’exploitation des sources naturelles de richesse, dont les produits sont des éléments vitaux du développement du pays… L’État doit acquérir une position chaque jour plus prépondérante dans les activités industrielles qui répondent principalement à la réalisation de services publics. » (Yrigoyen).
      Yrigoyen decida d’etre neutre pendant la 1ere guerre mondiale.
    • Coup d’Etat d’Uriburu (1930): le général José Félix Uriburu renversa le gouvernement constitutionnel, initiant une série de coups d’État et de gouvernements militaires qui se prolongerait jusqu’en 1983 et, fait plus grave encore, écrasant par la force tous les gouvernements issus d’élections libres lors d’un vote populaire.
      Plongée dans la crise, l’Argentine renoua alors avec la fraude électorale et la corruption, initiant ce qui fut appelé la « Décennie infâme », marquée par l’autoritarisme militaire et le poids prépondérant de l’oligarchie, qui maintenait l’Argentine dans un statut de dépendance économique envers le Royaume-Uni. Le Parti fasciste argentin fut créé en 1932, mais le fascisme avait une influence plus large : ainsi, en novembre 1935, Manuel Fresco, admirateur de Mussolini et d’Hitler, fut élu, dans un contexte de fraudes massives, gouverneur de la province de Buenos Aires.
    • Juan Peron et le Peronisme: Les militaires organisèrent un « putsch » en 1943. Juan Domingo Perón, un colonel de l’armée, participa à ce coup d’État et devint vice-président du pays. Il gagna, le 20 février 1946, l’élection présidentielle. Il mena une politique en faveur des ouvriers (congés payés, augmentations de salaires, projets sociaux, etc) et encourage le renforcement des syndicats, désormais pièce maitresse du régime péroniste. Il nationalisa aussi les voies de communication appartenant jusqu’alors aux étrangers. Perón avait de l’admiration pour Benito Mussolini et Franco, et un certain culte de la personnalité fut mis en œuvre. Cependant, malgré le style populiste et autoritaire de sa présidence, le général maintint le multipartisme et les élections démocratiques tout au long de son mandat, interdisant ainsi toute assimilation hâtive du péronisme au fascisme. L’Argentine devient aussi, pendant cette période, un point de chute pour les réseaux d’exfiltration nazis. Plus pragmatique qu’idéologique, cette politique n’était pas tant destinée à accueillir des criminels nazis que de profiter du savoir-faire de techniciens et de savants allemands.
    • Dictature Militaire (1966-1973): La mise en place du gouvernement d’Ongania est un véritable choc autoritaire. Le parlement est dissous, les partis politiques également (leurs biens sont confisqués et vendus afin de confirmer la fin irréversible de la vie politique. Ongania concentre en ses mains tous les pouvoirs. Le gouvernement commence à corseter la société (censure, répressions diverses, violences anti-sociales, anti-universitaires).
    • 21e siècle: En 1999, l’Argentine entre dans une récession qui va durer trois ans. Les investisseurs fuient le pays. En 2001, les gens perdent confiance et se mettent à retirer autant que possible des espèces qu’ils convertissent en dollars.
      Kirchner garde dans son gouvernement le précédent ministre de l’économie, Roberto Lavagna. Les deux hommes parviennent à négocier en février 2005 la diminution de la dette argentine auprès de ses créanciers, achevant ainsi un processus qui durait depuis plus de trois ans. Le bilan inclut une réduction d’environ 70 % des 82 milliards de dollars de dette, une conversion de cette dette en bons du trésor et un échelonnement des remboursements sur 42 ans. Malgré l’opposition de leurs partenaires (notamment l’Italie), ils réussissent à imposer cet accord avec un soutien massif de la population.
    • Economie actuelle: La crise argentine est une grande crise économique et sociale survenue en Argentine entre 1998 et 2002, et dont certaines conséquences se prolongent jusque dans les années 2010. La cause immédiate de la crise est le choix des autorités argentines, au début des années 1990, d’utiliser la technique du currency board lié directement au dollar pour stabiliser une économie marquée par une inflation presque permanente depuis la Seconde Guerre mondiale. Ce système très particulier permet l’embellie des années 1990, mais se révèle particulièrement dangereux face aux mouvements erratiques et violents du marché des changes flottants qui suivent la crise économique asiatique. Il sombre lorsque l’économie mondiale entre en récession avec la crise de la bulle Internet au début des années 2000. La récession amplifiée par les mesures d’économie drastiques exigées par le Fonds monétaire international, en contrepartie de son aide en dollars, est extrêmement violente et entraîne une hausse spectaculaire de la pauvreté ainsi que d’importants mouvements sociaux et de rapides changements politiques.
      Le plan argentin de conversion de dette a pour conséquence des pertes sévères pour les créanciers privés. Le pays sort de la partie la plus aigüe de la crise dès 2003. Les conséquences les plus durables sont les difficultés récurrentes des gouvernements à financer leurs budgets, le départ du pays de certains investisseurs industriels, une nette diminution de la confiance des créanciers privés et de longs contentieux avec des fonds vautour américains, contentieux qui se poursuivent jusque dans les années 2010.
    • Economie de 45 a 98: Sous le régime péroniste en place entre 1946 à 1955, l’Argentine perd rapidement l’éclat qu’elle avait avant la Première Guerre mondiale. Péron joue la carte de l’État providence en favorisant notamment les nationalisations d’entreprises, la subvention des transports publics, l’aide à l’accès à la propriété privée et la protection sociale, au prix de difficultés économiques croissantes.
    • Currency Board: Dans un tel système la monnaie locale n’est créée qu’en fonction directe des entrées de dollars. Les particuliers et les entreprises peuvent détenir aussi bien des comptes libellés en peso qu’en dollar. Le but est de mettre fin à l’inflation en dissuadant l’État de recourir à la « planche à billets ». Les résultats sont immédiats : le taux d’inflation passe sous 10 % en 1992. Les entreprises étrangères peuvent investir sans craindre les aléas monétaires locaux et conserver leurs encours en dollars. Le FMI annonce que la communauté financière peut désormais avoir confiance et doit investir en Argentine. La croissance du PIB, négative en moyenne au cours des années 1980 (-0,5 % en moyenne), dépasse 10 % en 1991 et 1992, et reste très forte entre 1991 et 1998. Cependant, le système de change choisi est favorable tant que le dollar ne s’apprécie pas par rapport aux monnaies des pays avec lesquels l’Argentine commerce.
    • De la resistance à l’explosion: La dévaluation soudaine du réal brésilien et la montée constante du dollar provoquent rapidement un blocage des exportations. L’Argentine est entraînée dans une déflation sévère. Les dollars n’entrent plus assez dans le pays provoquant, par les mécanismes mêmes du “Currency board” une réduction de la circulation monétaire et un credit crunch.
      Les résistances sociales à la déflation sont très fortes surtout de la part des administrations et des collectivités locales. Pour réussir, une déflation suppose la réduction des salaires publics et privés. En même temps les prix intérieurs doivent fortement baisser. Les conditions de la dénationalisation de nombreux secteurs publics ont conduit en fait à des hausses de tarif compte tenu de l’état souvent lamentable des installations, mal maintenues depuis la fin de la guerre. Les tensions sociales deviennent extrêmes d’autant que la recherche de boucs émissaires étrangers bat son plein. N’ayant plus la planche à billets à disposition, le gouvernement est paralysé. L’Argentine est un pays largement décentralisé. Les régions refusent les sacrifices et créent des succédanés de la monnaie comme le patacón.
      Le gouvernement fait alors appel au FMI pour éviter d’avoir à démonter le currency board et d’entrer en conflit avec la communauté internationale. Le FMI selon son habitude exige des réductions de dépenses publiques drastiques et en fait organise une véritable déflation en contrepartie de l’apport de plusieurs milliards de dollars.
    • Défis économiques: Fin 2015, l’élection du Président Mauricio Macri inaugure un tournant dans la politique économique de l’Argentine; Les réformes du nouveau gouvernement ont permis d’améliorer la compétitivité nationale et de créer un climat des affaires plus favorable aux investisseurs domestiques et étrangers; La lutte contre l’inflation est désormais la priorité de la Banque centrale. L’objectif est d’atteindre un taux d’inflation compris entre 12 et 17 % en 2017 pour tendre vers 5 % à l’horizon 2019 contre environ 40 % en 2016; Néanmoins, le pays est retombé en récession en 2016 avec une croissance du PIB réel de l’ordre de -2,4 % et un déficit fiscal primaire qui s’est creusé à – 4,6 % du PIB. La transition économique génère à court terme des impacts négatifs qui nécessitent la mise en œoeuvre de mesures destinées à protéger les plus vulnérables.
      Afin de rééquilibrer à moyen terme les comptes publics, le gouvernement a décidé de couper dans les dépenses publiques qui sont parmi les plus élevées d’Amérique latine. Selon le FMI, la dette fédérale devrait progressivement diminué de 52% du PIB en 2015 à 50% en 2019 grâce aux réformes engagées par le nouveau gouvernement. En effet, dès son arrivée, Mauricio Macri a annulé l’embauche de 10 000 fonctionnaires dont le nombre n’a cessé de progresser pour atteindre 3,9 millions (+1,6 million entre 2001 et 2014). La réduction des subventions qui maintenaient les prix de l’énergie artificiellement bas, a également permis de réduire les dépenses.
      Le nouveau gouvernement mène une politique pro-investissement. Sur les trois premiers trimestres de l’année 2016, les réductions d’impôts ont permis une diminution de la pression fiscale équivalente à 0,5 % du PIB. Parmi les nouvelles mesures, nous trouvons par exemple des déductions fiscales de 10 % pour tout nouvel investissement réalisé par une PME. Le contrôle des mouvements des capitaux a été assoupli car il décourageait les investisseurs étrangers en les empêchant de rapatrier librement les capitaux des filiales vers leurs maisons mères. Plus globalement, le gouvernement tente de regagner la confiance des investisseurs nationaux et internationaux en restaurant la crédibilité des institutions et en offrant des garanties de stabilité fiscale

Notes sur le Paraguay (Avril 2017)

  • Visites et trajets:
    • Route du poste de frontière à San Ignacio
    • Route de San Ignacio au Lac Ypacarai
    • Route du Lac Ypacarai à Filadelfia
    • Route de Filadelfia à Mariscal
    • Route de Mariscal à Mayor Infante Rivarola (Passage de frontière avec la Bolivie)
  • Anecdotes plus ou moins sympas:
    • Depuis l’Argentine, le paysage n’a pas trop changé. Ce sont principalement des plaines bien éventées, parfois innondées, où l’on doit sans doute retrouver quelques similitudes avec la Camargue. Le paysage ressemble donc pas mal au Botswana meme si je trouve que les couleurs sont plus belles ici. Il semblerait qu’il y ait plus d’habitants ici, même si tout est relatif. De plus, certains champs ici ressemblent un peu à ce que l’on peut retrouver au Vietnam et je ne serai pas surpris si certains films sont plutôt tournés ici.
      On trouve beaucoup plus de pauvreté côté Paraguay  avec des familles vivant dans des toutes petites cabanes en bois, souvent sans électricité, pas trop loin des Estancias.18236621_10154409109735671_1967147143_o
    • Lac Ypacarai: La nuit au bord du lac fut tellement humide que l’eau rentrait sous et par le dessus de la tente. Dans ces cas la, car ce n’est pas la première fois, ma priorité est de ne pas humidifier mon duvet ni mon matériel de moto, même s’il peut être déja trempé des journées précédentes. Du coup, j’ai du dormir dans mon sur sac de couchage de l’armée, qui est étanche, mais du coup, pas respirant. J’etais un peu sticky au réveil. Au matin, un employé est venu me voir pour me dire qu’il n’était pas très content de me voir la car c’est un chantier et une propriété privée. C’était trop tard, la moto était prête à faire 9h de route…sous la pluie.
    • Filadelfia: Initialement je ne devais pas aller si au nord, mais mon bon ami Grégoire m’a fortement conseillé d’y aller car il en garde de très bons souvenirs après avoir passé une partie de son Gap Year la bas. Du coup, je l’ai écouté. A ce moment là, j’étais convaincu que je pourrai rejoindre l’Argentine et Salta par le Nord du pays.
      La route pour arriver à Filadelfia fut très challenging car j’ai eu de la pluie pendant 8h55 sur 9h de route. Les paysages n’ont pas changé et je n’ai vu que des champs de bétails. J’étais tellement trempé que je me suis offert un hotel. Cela faisait une semaine que je dormis à la sauvage donc une douche chaude était bienvenue.
      Dans cette région du Paraguay se trouve un grand nombre de colonies Allemandes, principalement des Mennonites. Ils vivent dans un autre monde, ne cotoient personne d’autre que les membres de la même communauté, et possèdent des milliers d’hectares. Ils portent un uniforme: Salopette et chemise puis chapeau pour les hommes, et des bottes de cuirs noirs, et pour les femmes, une tenue qui pourrait faire penser à l’Empire Prusse. Certaines communautés interdisent la voiture, le téléphone, ou toute autre forme de modernisme. Chaque famille a entre 12/15 enfants qui travaillent de terre et d’élevage.18209498_10154409109315671_1899760539_o
    • Mariscal: Après l’hotel de Filadefia, j’ai fais 80km sur une route boueuse avant qu’un couple mix (Paraguay, Mennonite) me propose de passer la nuit dans leur Estancia. Ils voyaient bien que je galèrais et qu’il fallait que la boue sèche pendant la nuit. Du coup, sans moment de doute, j’ai accepté.
      On a presque mis 30 minutes pour aller de la route à chez eux, tellement les Estancias sont grandes la bas…et tellement les chemins étaient boueux. Dans l’Estancia (toute simple mais fonctionelle – ils ont l’électricité que depuis 4 ans mais ont du payer la liaison), vivait aussi la famille de leur Caballero.
      Le couple propriétaire n’y passe que 3 jours par semaine, mais ce qui était intéressant de voir était le sentiment de hiérarchie entre les 2 familles. Ils ne partagent pas les repas et le couple a le droit à une nappe et une table alors que les employés mangeaient à des heures différentes sur une autre “table”, ou plutot sur un autre support.18209653_10154409118820671_1037322582_o
      Une des craintes principales qu’ils doivent affronter est l’attaque des Pumas sur les vaches. Un puma peut tuer jusqua’à 80 vaches par an, mais contrairement au tigre qui ne se contente de manger la vache qu’une seule fois, le puma conserve et cache sa proie. Du coup, ils ont toujours leurs carabines avec eux. Assez stylée. En partant, ils se préparaient à la charger pour aller chasser le puma. On a aussi passer un peu de temps dans les bois pour essayer d’abattre des oiseaux avec des lances pierres. Méthode traditionelle de chasse.18209770_10154409108935671_1101128777_o
      L’Estancia où je suis resté pour la nuit était considérée comme toute petite puisqu’elle ne faisait que 500 hectares. De ces 500 hectares, la loi (que peu respecte) oblige que 25% reste de la foret.18236169_10154409109790671_1266532557_o18236648_10154409118860671_1206402914_o
  • Notes historiques et culturelles:
    •  Mennonites: Il existe plusieurs colonies de mennonites et il est important de différencier les mennonites des amish americains. C’est un mouvement anabaptiste qui s’est separé du catholicisme en 1536. On estime qu’ils sont 1.7 million, répartis dans 83 pays. Au cours de l’histoire ils n’ont cessé de migrer afin d’éviter le service militaire, la violence et certaines répressions.
      Après avoir migré vers l’Empire Russe, beaucoup sont partis au Canada en 1783, pour ensuite descendre au Mexique, puis au Paraguay et Bolivie. A partir des années 1930, le gouvernement bolivien accorde aux futurs émigrés plusieurs privileges dont en premier lieu la liberté religieuse, des ecoles privées et une exemption du service militaire.
      Les menonnites de Bolivie par exemple constituent la principale communuaté de mennonites d’Amerique du Sud, avec plus de 70 000 membres en 2012. Pour la plupart ce sont des descendants de mennonites originaires d’Allemagne et des Pays-Bas et ont vécu au sein de l’Empire Russe dès 1789. Les Mennonites qui habitent en Bolivie sont parmis le plus traditionnels et conservateurs.
      Les mennonites sont reconnaissables à leurs cheveux blonds et leurs vêtements sombres. Ils portent également des prénoms bibliques. Ils rejettent pour la plupart toutes formes de modernité, la violence et la paresse.
      Ils vivent majoritairement de l’agriculture intensive, principalement de blé et de soja. mennonites
    • Histoire Précolombienne: Avant la colonisation espagnole, les territoires qui constituent actuellement le Paraguay étaient peuplés d’Amérindiens nomades et semi-nomades dont la majeure partie appartenait à l’ensemble Guaraní.
    • Colonisation 17e siècle: Les années 1610-1767 furent celles de la domination jésuite sur les Indiens Guaraní. La présence jésuite se manifesta notamment par la création, à partir de 1609, de “réductions”, villages composés de plusieurs centaines ou milliers d’Indiens sédentarisés et encadrés seulement par deux jésuites. On a pu à cet égard parler de “communisme chrétien” (Clovis Hugon), dans la mesure où la vie des Guaraní était communautaire (jusqu’à la distribution chaque matin des outils pour aller travailler aux champs) et fortement encadrée par la religion (messe obligatoire à 5h30, le matin, et journée rythmée par les célébrations religieuses). En 1611, par les ordonnances d’Alfaro, la monarchie espagnole fournit à cette institution une base législative claire. Les réductions sont strictement interdites aux Blancs, Noirs et Métis. Les Indiens sont exemptés du système de l’encomienda, selon lequel des Indiens, confiés à un colon, devaient recevoir de lui protection et instruction chrétienne en échange de travail sur son exploitation.
    • Premieres années d’indépendance: En suivant l’exemple de l’Argentine, le Paraguay proclama à son tour son indépendance, le 14 mai 1811, ratifiée par le Congrès deux ans plus tard. Le pays connut alors une succession de régimes. Les premières années d’indépendance du Paraguay sont marquées par la montée en puissance dès 1810, de José Gaspar Rodríguez de Francia, futur Dictateur, élu pour 5 ans puis désigné comme Dictateur à vie. Son obsession sera d’abord l’élimination de toute trace de la Couronne d’Espagne, puis des prétentions de Buenos Aires. Il sera soucieux de l’indépendance du pays. Il louera des terres, pour une somme symbolique, aux paysans sans terre (Estancias de la Patria), permettant le développement de l’élevage et de la culture de la “yerba maté”, dont les 3/4 de la production étaient exportés, réduisant au strict minimum les importations. Il ferma la seule institution d’enseignement “secondaire” selon nos critères d’aujourd’hui, le Collège et Séminaire de San Carlos, pour ne mettre en place que des écoles élémentaires qui, selon la plupart des observateurs étrangers pourtant hostiles, permirent à la grande majorité du peuple de savoir lire, écrire et compter.
    • 19e siècle: En 1865, López lança le pays dans une guerre contre l’Argentine, le Brésil et l’Uruguay : ce fut la guerre du Paraguay ou guerre de la Triple-Alliance (1865-1870), qui provoqua la ruine du pays, décima la population masculine et entraîna son occupation par l’armée brésilienne, jusqu’en 1876. En outre, le Paraguay dut céder la région de Misiones et le territoire situé au nord du río Apa au Brésil, ainsi qu’une partie du Chaco à l’Argentine.
    • Guerre de la Triple Alliance: Les indépendances latino-américaines sont intervenues sans tracer certaines des frontières, avec d’immenses zones blanches ou floues, ce qui a entraîné des développements de la théorie juridique ancienne de l’Uti possidetis juris, les revendications se fondant sur la possession effective, d’où une course à l’occupation, souvent chaotique, compte tenu des moyens réduits des États par rapport aux superficies en cause. Le problème territorial a été le fondement essentiel des grandes guerres sud-américaines (guerre du Pacifique – Chili contre Pérou et Bolivie, Guerre du Chaco – Bolivie et Paraguay), et de conflits moins connus (Équateur-Pérou, Colombie-Venezuela, Brésil et tous ses voisins, etc.), dont certains toujours non résolus (Équateur-Pérou, Bolivie-Chili, par exemple). Les historiens paraguayens, les révisionnistes argentins ou certains Brésiliens affirment que l’objectif de la guerre fut la destruction de la puissance industrielle naissante du Paraguay, qui attirait les investissements britanniques et les détournait, en partie, des autres pays. Une recherche plus récente du brésilien Francisco Doratioto, corroborant la version des historiens nord-américains, impute la responsabilité du conflit au dictateur du Paraguay, Francisco Solano López. Il s’agit d’une coalition composée du Brésil, de l’Argentine et de l’Uruguay, au Paraguay.
    • 20e siecle: Dans les années 1930 et 40, la politique paraguayenne est fortement marquée par la guerre du Chaco contre la Bolivie, par la guerre civile du Paraguay, les dictatures militaires, et des périodes de forte instabilité politique. Le général Stroessner prend le pouvoir en mai 1954. Élu pour achever le mandat inachevé de son prédécesseur, il est réélu sept fois, maintenant l’état de siège en permanence, la Constitution étant suspendue, et avec le soutien de l’armée et du parti Colorado. Durant les 34 années du règne de Stroessner, les droits civiques ont été sérieusement restreints, et les opposants systématiquement poursuivis et emprisonnés, au nom de la lutte contre le communisme et de la sécurité nationale. La nouvelle Constitution de 1967 qui légitime le pouvoir de Stroessner provoque l’isolement progressif du Paraguay du reste du monde.Le 3 février 1989, Stroessner est renversé par un coup d’État militaire du général Andres Rodriguez, qui remporte ensuite aisément l’élection présidentielle en mai. Son parti, le parti Colorado, remporte la majorité des sièges au Congrès. Cependant, l’opposition remporte plusieurs grandes villes, dont Asuncion, aux municipales de 1991. Rodriguez lance plusieurs réformes politiques, législatives et économiques, et ouvre le Paraguay à l’extérieur.
    • Paraguay contemporain: La constitution de juin 1992 établit un système démocratique et renforce radicalement la protection des droits fondamentaux. En avril 1996, une tentative de coup d’État militaire du chef d’état-major des armées Lino Oviedo échoue grâce à la mobilisation populaire, le soutien de l’Organisation des États américains et des États-Unis.
    • Economie du Paraguay: Le Paraguay figure parmi les pays les plus pauvres de l’Amérique du Sud, mais a néanmoins connu un rythme de croissance plus soutenu et régulier ces dernières années. Depuis 1993, le pays est entré dans un processus de libéralisation donc il diminue ses dépenses publiques et favorise les entreprises privées. De plus, il est membre fondateur du MERCOSUR. Ce traité favorise le libre échange avec certains pays d’Amérique du Sud
      • L’économie paraguayenne est largement portée par le secteur agricole et l’élevage. Le pays est le 4e exportateur de viande et le 6e producteur de soja au monde. Le secteur agricole y est très concentré, les 2% plus gros producteurs controlant 80% des terres cultivables. Le secteur de l’hydroélectricité est également important, notamment en lien avec les barrages binationaux de Yacireta et Itaipu. Cependant, le pays souffre de son manque de diversification et reste très dépendante des revenus agricoles, qui fluctuent en fonction des conditions climatiques et de la demande globale.
      • secteur industriel : 21,2 %
      • services : 53,9 %
      • Les principaux produits exportés sont : les produits agricoles à 83 %; les produits manufacturés à 16 %,les produits chimiques à 3,1 %.
      • La banque centrale paraguayenne revoit sa prévision de croissance à la hausse, annonçant une croissance du PIB de 4,2% pour 2017.
      • Les bases macroéconomiques du pays sont solides. La dette du pays reste modérée (18,5% du PIB), la balance commerciale produit un surplus, et l’inflation est controlée (moins de 5%). Le gouvernement a commencé à s’attaquer aux faiblesses structurelles du pays, qui freinent le développement. Le système de collecte de l’impôt a été amélioré, ce qui a permis d’augmenter l’investissement public. D’importants projets d’infrastructures sont en train d’être lancés.
      • Exemple d’une situation extrême de l’injustice ! L’IMAGRO, l’impôt sur l’activité agricole et l’élevage représente moins de 1% des rentrées fiscales, alors que le secteur représente un tiers du PIB et qu’il a connu en 2010 une croissance de 47%, en particulier pour le soja (+81%) et l’élevage. En plus de détruire l’environnement, les grands propriétaires, proches des politiques, entretiennent un véritable système féodal.
    • Religion: 96% de Chretiens. La liberté de religion est reconnue sans autres limitations que celles établies dans la Constitution et la loi. L’indépendance et l’autonomie des Églises et des confessions religieuses sont garanties. Il n’y a aucune religion d’État officielle au Paraguay et les relations entre l’État et l’Église catholique romaine sontfondées sur l’indépendance, la coopération et l’autonomie. L’importance du catholicisme dans la formation historique et culturelle de la nation est aussi reconnue.

Notes sur la Bolivie (Avril – Mai 2017)

  • Visites et trajets:
    • Route de la frontière à Villamontes
    • Route de Villamontes à Rio Seco
    • Route de Rio Seco à San Jose de Chiquitos
    • Route de San Jose de Chiquitos à Puerto Suarez
    • Route de Puerto Suarez à San Jose de Chiquitos
    • Route de San Jose de Chiquitos à Santa Cruz
    • Route de Santa Cruz à Montero
    • Route de Montero à Cochabamba
    • Route de Cochambaba à La Paz
    • Route de La Paz à Sajama (Description faite par Sandra)
    • Route de Sajama à Challapata (Description faite par Sandra)
    • Route de Challapata à Salinas de Gran Mendoza (Description faite par Sandra)
    • Route de Salinas de Gran Mendoza au salar de Uyuni (Description faite par Sandra)
    • Route de Uyuni à Potosi (Description faite par Sandra)
    • Route de Potosi à Challapata (Description faite par Sandra)
    • Route de Challapata à La Paz (Description faite par Sandra)
  • Anecdotes plus ou moins sympas:
    • Passage de frontière: Comme le chemin était innondé pour aller en Argentine, j’ai pris la décision d’aller directement en Bolivie. Cependant, il n’y a aucune information sur la route mais le poste d’immigration pour aller en Argentine se trouve près de Filadelfia, soit à 300km de la frontière. Si tu n’es pas au courant, il ne te reste que la seule option de faire demi-tour.18235896_10154409108480671_659816557_o
      Le passage de frontière dans l’Amazonie entre le Paraguay et la Bolivie est quasi inéxistant et les controls sont moindres. Il ne faut donc pas s’étonner que le paraguay soit la plaque tournante de la drogue et des armes. D’ailleurs le fonctionaire au poste de frontière m’avait suggèré de ne pas camper trop près de la frontière car il y a pas mal de narco-trafiquants la nuit. Facile à dire, mais comme il n’y avait vraiment rien entre la frontière et Villamontes, et Villamontes se trouvait trop loin pour arriver avant la nuit, j’ai du dormir le long de la route en essayant de me cacher le plus possible.18236401_10154409109950671_421003589_o
      Pas un vrai succès car au moment où j’étais déjà dans ma tente, une voiture s’est arrêtée, et un des hommes est sorti pour me demander où était le kilomètre 52. Etrange comme question, mais sans paraitre intimidé et avec confiance je lui ai dis que c’était plus loin vers la frontière. Je ne savais pas de quoi je parlais…Il voulait sans doute voir à qui il avait à faire dans la tente.
      Au cours de la nuit, il y a eu pas mal de traffic de camions et pickup ainsi que des bruits d’animaux, donc je n’ai pas très bien dormis. Quand une vache sent le danger, elle n’hésite pas à s’exprimer et ca peut être bruyant…alors imaginez quand c’est un troupeau…Pire qu’un coq Cambodgien sur l’ile de la Soie.18236401_10154409109745671_200790421_o
    • Rio Seco: En arrivant juste avant la nuit à Rio Seco, j’ai essayé de trouver un lieu pour mettre ma tente. En voyeant un Memonith rentrer dans son Estancia au moment où je passais, je me suis arrêté pour lui demander si je pourrai eventuellement utiliser 2m2 de ses milliers d’hectares pour y mettre ma tente mais sans vraiment oser me dire non directement, il m’a fait poirotter pendant 30 minutes, donc il faisait déjà nuit au moment où j’ai eu une réponse négative. Il avait peur que je lui vole ses vaches sans doute. Ouai pratique en moto… Du coup j’ai du poursuivre ma route de nuit pendant 20 minutes jusqu’au barage de flics où j’ai demandé si je pouvais mettre ma tente derrière leur cabanne en bois.18216162_10154409109145671_636991175_o
      Ils acceptèrent et de 3h du matin à 5h du matin, j’ai eu le droit à un silence absolu. Avant ça, le bruit des véhicules qui étaient apparemment controlés (même si je suis convaincu que tous ces controls sont inutiles – il n’y a qu’aux Pays Arabes Unis où on peut parler de vrais controls) me réveillait régulièrement, et après ça à 5h, le coq du coin s’est montré présent. Ce n’est qu’au réveil que j’ai sentis que j’avais sans doute poser ma tente sur leur lieu pour uriner…
      Ce qui rend ces controls inutiles selon moi, est qu’il y a “zero accountability” et traces donc ils peuvent faire ce qu’ils veulent. Pour tenir ces rythmes de travail bien ennuyeux, ils sont tous à macher des feuilles de coca, donc ont tous la bouche pleine H24. Ca me fait penser à l’Inde.
    • San Jose de Chiquitos: Cette ville possède une magnifique église du 18e siècle construite par les Jésuites Espagnols. En y arrivant, j’ai demandé à quelques locaux si je pouvais installer ma tente sur la place centrale et tout le monde me repondit “no passa nada, si claro”… Du coup, j’étais assez fier de mon spot car j’étais vraiment sur un beau spot contrairement aux nuits antérieures. Vers 8h je suis allé me coucher puis vers 9h du soir, alors que je dormais, un local est venu me réveiller pour me dire que je n’avais pas le droit d’être là. Je n’étais vraiment pas content. Je sortis de ma tente et on discuta pendant 40 minutes. Je ne cherchais pas à être sympathique car je savais qu’il n’était pas du tout en charge de la place centrale même s’il le prétendait. Il essaya de me faire peur en me disant qu’il allait appeler les flics pour que je bouge. J’étais prêt à attendre l’arrivée des flics.18261128_10154409108155671_703639932_o
      Cepedant, par grande chance, le camera man de la place qui vous prend en photo pour 1e et qui vous l’imprime (un métier qui a disparu en Europe à cause du Digital et du Selfie), avec qui j’avais longuement sympathisé pendant mon diner, en voyant tout ça était allé voir le prêtre de cette magnifique église (Un Allemand) pour lui demander si je pouvais dormir dans le jardin même de l’Eglise. Encore mieux. Il revint pour me dire que je pouvais transferer ma tente à l’intérieur ainsi que ma moto.
      Les flics et la sécurité venaient juste d’arriver quand il m’a annoncé ça. Ils éssayèrent de m’empêcher de procéder. Je n’étais pas intimidé et je suis allé jusqu’à leur dire (sans grande conviction tout de même) que la parole de Dieu est représentée par le Prêtre donc qu’elle avait plus de poids que la leur. Ils se sont tout de suite tus et on fait demi tour.
    • Puerto Suarez: La route de San Jose de Chiquitos à Puerto Suarez était magnifique puisqu’elle traversait l’Amazonie. Sur la route, on pouvait voir plein de petits chemins qui partait vers l’inconnu…sans doute vers des champs de Coca voir des usines pour produire de la cocaine…? Je ne vais jamais savoir. Il y avait aussi de magnifiques falaises perdues dans la densité impressionante d’arbres.18216033_10154409118840671_1447093349_o
      Après ma bonne experience de la veille avec le Prêtre, je suis directement aller voir le prêtre de l’église locale mais je reçu un tout autre acceuil. Lui aussi était Allemand mais n’a pas été sympathique. Du coup, j’ai dormis dans le jardin du comissariat. J’ai quand même échangé avec le prêtre pour comprendre son choix car je croyais que dans la religion catholique, il fallait aider son prochain, mais il prit une toute autre attitude, plutot méprisante d’ailleurs.
      Ces quelques jours dans l’Amazonie m’ont montré à tel point la déforestation n’est pas un petit enjeu anecdotique. Ces mêmes Mennonites qui pronent pour un mode de vie très traditionel n’ont pas de soucis pour agrandir leur Estancias. Ce qui est aussi assez intéressant de voir est le nombre de micro-climats dans une même region, et donc du coup le changement de végétation.
      En revisitant mon itinéraire jusqu’à la Colombie, je vis que la frontière entre la Colombie et le Vénézuela était maintenant complêtement fermée. Du coup, il allait être impossible pour moi de continuer par cet itinéraire la. En plus, ma copine Sandra souhaitait que l’on se voit le plus vite possible. Du coup, face à ces 2 éléments, je n’ai eu le choix que de faire demi-tour pour aller en direction de La Paz et non de traverser l’amazonie bresilienne. J’avais déja été dans certaines parties de cette belle région Brésilienne avec mon bon ami Augustin en 2012 donc je n’ai pas de regrets. Il est inutile d’en avoir de manière générale.
    • Route de Santa Cruz à Cochabamba: Les 480 km de route allaient être très longs donc du coup je l’ai fais en 2 ètapes. 80 km une première journée après un départ tardif de Santa Cruz, puis le reste le lendemain. Ce que je n’avais pas anticipé était le niveau de dénivelé que j’allais devoir affronter…ou du moins ma moto.18236521_10154409109740671_23801338_o
      Après 3 semaines ou je n’ai presque conduis que sur des plaines, en une journée j’ai fais 3500m de dénivelés. La route était en très mauvais état, contrairement à ce que j’ai pu connaitre à l’Est du pays, qui ressemble d’ailleurs à un tout autre pays (beaucoup plus développé et riche). Il y avait aussi un grand nombre de camions, ce qui n’aidait pas.
      Après avoir dormis au bord de la route à côté d’un centre de production d’électricité, où j’ai aidé un camion qui était tombé en panne, et qui n’avait ni outil ni lampe, j’ai pris la route de bonne heure. Pour une fois, la météo a été bonne mais la température baissa aussi très vite alors que je montais en altitude.
      En faisant ces 400km, j’ai cru que je passais dans un tout autre pays. Je suis passé de la Jungle, aux plaines agricoles, puis à la jungle vertigineuse aux montagnes d’altitude où rien ne pousse et où seul vivent quelques groupes d’indigènes. A Santa Cruz, il y avait une grande communauté de blancs, un magain Porsche…alors que quelques heures après, je pouvais retrouver la Bolivie que j’avais connu en 2010 et 2012: les petites recoltes, les Incas, les maisons de terres….et le grand froid.
      La route a été tellement challenging pour la moto et alors que je doublais un camion en descente, le moteur s’est éteint. Heuresement, la pente a fait que la moto a continué à avancer et j’ai donc pu faire signe au camion pour qu’il me redépasse et me laisse de l’espace sur le bord de la chaussée. Pendant quelques secondes, je me suis dit que c’était sans doute parce que l’employé de station m’avait mis du diesel dans mon bidon. (Ah oui, je ne vous avais pas encore dit, mais en Bolivie, les étrangers payent l’essence au prix européen, sauf s’ils ont une plaque locale. Du coup, ce que je fais depuis quelques jours est que je gare ma moto en dehors de la station et je marche à pied avec mon bidon. Il teste à chaque fois pour voir si je suis bien un Bolivien en me demandant mon numero d’identité qu’il rentre dans le système, mais j’en invente un. J’ai appris qu’ il était composé de 7 chiffres…).
      Avant cette route où au moins 50 motards en BMW GS 1200 m’ont doublé, j’ai été arrêté par les flics à un péage. Il y avait 3 files, dont une vide. Je me suis donc orienté vers celle où il n’y avait personne, lorsqu’un flic me demanda de prendre la file de droite. Il pensait que je voulais éviter les controls de flics qui se situaient juste après le péage donc une fois le péage passé, ses collègues me firent signe de m’arrêter. Ce n’était pas la première fois que la police m’arrêtait mais cette fois-ci allait être totalement différente. Ils me demandèrent de rentrer dans le poste et me demandèrent les papiers suivants: Passport, papier d’immigration, de douane, permis de conduire, permis de conduire international, papier de la moto. Cependant, ils ne me demandèrent pas tout d’un coup mais au fur et à mesure dans l’optique de me piéger en pensant sans doute que je n’étais pas munis de tout ça. Cepedant, quand on part pour un tour du monde, on part avec les papiers nécesssaires pour chacun des pays que l’on souhaite franchir, du moins c’est mon approche.
      Après avoir regardé mes papiers, ils me demandèrent les tampons de mes controls précédents, que je n’ai jamais eu car la police ne m’avait jusqu’à maintenant que demandé mon passport et mon permis. Du coup, ils me montrèrent le code de la route pour me montrer que c’est obligatoire de garder les tampons des controls précédents…Ce n’est pas de ma faute si dans les controls précédents, la Police ne m’a rien donné….Bref…je fais court…mais après avoir démonté leur argumentaire ils me demandèrent mon assurance…or par chance j’étais assuré pour la Bolivie…ils étaient déjà 7 autour de la table.
      J’avais le choix entre payer 100$ ou 5 jours de “Carcel” (prisons) ou 30$ et on oublie tout…pour ensuite finir par demander que je leur achète des boissons….ah oui car il se trouve qu’ils étaient tous bourrés, comme toujours d’ailleurs, meme en Afrique. J’ai fais genre j’etais OK pour leur acheter des boissons mais sachant qu’il n’y avait rien dans les alentours, je leur proposèrent mes bananes. Je savais que je passais pour un “Con” en leur proposant ça mais c’était pour bien leur montrer que je n’allais pas leur donner un centime, même de Pesos Bolivianos.
      Après 45 min de discussions intenses, où je ne trouvais pas toujours mes mots car je ne suis pas non plus natif, je réussis à ne pas me faire avoir. Ca a été plus dur qu’au Zimbabwe.
      La leçon que je tire de tout ça est qu’il faut rester calme, demander d’être assis, et de questionner leur propos et raisonement pour formuler son propre argumentaire. Et bien naturellement, ne pas montrer que vous êtes pret à donner des sous….
    • Cochabamba: En arrivant dans cette grande ville entourée de montagnes, 5 minutes avant la tombée de la nuit, et alors que je m’apprêtais à trouver un lieu pour poser ma tente, un motard m’aborda au feu (comme souvent d’ailleurs). Je lui dis que je cherchais un lieu pour mettre ma tente. Par chance, cette même personne était gérant de l’hotel 5 étoiles de la ville et il m’invita dans son hotel pour 2 nuits…puis 3! C’est un père de famille passionné de moto (Africa Twin) qu’il conduit sans casque dailleurs, mais les flics ne l’embêttent pas car chaque année se déroulent dans son hotel les fêtes des flics. Du coup, on le connait bien dans la région.hotel
      J’ai quand même beaucoup de chance. Je remercie mes professeurs d’Espagnols du collège et Warwick pour m’avoir donné l’opportunité d’aimer et apprendre cette langue. Bien naturellement je fais des fautes mais les locaux apprecient l’effort. Je me suis donc reposer pour 3 jours et j’ai fais mes lessives…Le petit déjeuner avec de la baguette tradition était magique.
    • La Paz: L’Arrivée de la Princesse euh… enfin de ce qu’il en reste après 23h de vol. Il fait froid. Il fait nuit. Café à la main, je l’attends tel un prince charmant. Elle est épuisée. On ne s’attarde pas. Et non, pas de retrouvailles Dirty Dancing après de long mois de séparation. Too cheessssy… Allez, « Taxi !!! Direction Atix HOTEL ».
      Atix HOTEL ce havre de paix. Une oasis. Retrouvailles obligent, nous dormons cote à cote presque 8h d’affilées comme deux enfants. Sans pleurer. Heureux. Arrive le moment de découvrir le rooftop avec piscine, jacuzzi et vue à couper le souffle sur les montagnes, les maisons sans toits et… les tours. Bonheur ultime, nous sommes seuls et le hammam fonctionne.
      40 min de taxi pour y arriver. Une rue des plus touristes avec des panchos made in china en veux-tu, en voilà. Farandoles de couleurs, certes. Heureusement, notre flair baroudeur se laisse attirer vers les rues adjacentes et à notre grande surprise, là devant nos yeux, l’un des marchés fruits et légumes des plus typiques et intéressants. Des centaines de petits kiosques, chiens, chiots, chats. Boliviennes 5, 25, 50 ans. De la variete, du frais, du consommable. Rouge, bleu, vert. Ni une, ni trois, 3kg de clémentines, 2 pepinillos, 7 tomates, nous voilà près pour le début des aventures du lendemain.
      « 500$, ni un peso mas ». Bravo Jeannot. Il venait de nous faire économiser 200 euros. Je comprends qu’en tant que touriste, il est très facile de se faire avoir en Bolivie sur les prix de location de 4×4, essence, assurance, péage, deposit. Au prix voulu par les bolivianos, autant partir à St Barth (je dis ça, je dis rien). Du coup, l’accent chileno du Jeannot nous a permis de passer pour des bolivianos (allez savoir pourquoi) et s’est donc chargé de 7 litres de gasolina dans le coffre que nous sommes partis gaiement en direction del parque de Sajama.
      Petit conseil routier : le petit signe de croix de la main pendant les virages. Un geste qui sauve d’après les taxis bolivianos.
      Une fois en haut de la ville de la Paz, à 4000m d’altitude, si vous pensiez vous en tirer sans mal de tête… rassurez-vous, les camions années 60/70 toujours en circulation se chargent de votre migraine garantie 2 jours.
    • Sajama: Sur la route, des virages, des beaux paysages, des camions, des mauvais panneaux de direction. Des lamas. Des déchets. Des tonnes de déchets qui se fondent dans le décor. Au loin des montagnes. Les volcans enneigés de Sajama. C’est beau mais difficile de rester insensible à ces milliers de plastiques qui trainent, ces roues déchiquetées, ces couches bébés (WTF !!). Ni une, ni trois, on imagine très vite des solutions business pour y remédier avec Jeannot, une centrale ? Des ramasseurs ? Des robots ramasse-couches? Tututtttt !!!!!!!!!!!!! « ATTENTION LE CAMION !!!!! ». « Conn… de Boliviano qui double en plein virage !! ». « OK, bon laisse tomber, on sauvera la planète une autre fois ».Back TO REALITY. Sajama. Sajama c’est un village au milieu de nulle part. Un village où l’on entend le bruit du silence. Un village sans wifi, sans goudron, sans habitants ou presque. Magique.
      Ce village s’est construit au milieu des volcans enneigés et plaines arides. Les lamas sont maitres et les quelques habitants profitent d’un tourisme d’aventuriers pour créer leur « cantine d’un soir » où l’on y sert des soupes, du riz et la viande du jour. « Bouillon de tête de lama, ça vous va ? ». Charmant.
    • Challapata: Au réveil, après une bonne nuit sous 5 couettes recroquevillé, le mate à la feuille de coca est de mise. Salvateur. Le Soleil se pointe (enfin). Renaissance. La place du village reste vide. Seuls les chiens se baladent à la recherche de nourriture. Ca tombe bien, ce n’est pas les tomates fraiches et autres condiments qui manquent. On y mange bien, à notre faim.  Jeannot est nommé roi du sandwich concombre/tomate/avocat.« Plouf », un bruit d’eau qui se déverse. Je me retourne. La vieille dame prenait sa douche. Entièrement habillée. Why not. Ses longs cheveux noirs mouillés balayaient presque le sol. Une tresse express plus tard : « Señorita, 3 pesos ».
      Les échanges avec les boliviens sont rares. Souriant mais peu curieux. Ici, chacun semble faire son petit business de vie. Seul les milliers de petites croix le long des routes nous rappellent que la vie y est difficile.
      Le Soleil nous réchauffe, il est midi. Nous sommes prêts à repartir, direction Challapata.
      Sur la route, des paysages « somptueux », « extraordinaires », « majestueux » comme dirait le Jeannot. Des plaines, des lamas, des montagnes. Du ocre, rouge vif, marron, blanc. Les couleurs se juxtaposent les unes aux autres tel une toile de grand maître. Iphone et Go pro sont de sortis. On vous laisse apprécier le spectacle (désolé par avance pour le cadrage). On roule près de 5h. le soleil se couche bientôt. Il faut arriver à destination avant la nuit. Ligne droite sans fin. Panorama enchantée avec les montagnes en feu au loin. Les flaques du Lac Popoo desséché s’y reflètent. Entre splendeur et désolation. « Challapata, 5 km ». Challapata. L’enfer après le paradis. Chiens errants, routes défoncées. Un air de déjà vu flippant. « Hotel Huari ? », « Hotel Huari ???!!!! ». Silence. Personne ne semble connaître. « Hotel de lujo? ». « Hotel de lujo? ». « Por aqui ! », « Por aqui !! ».
      La stratégie semble avoir fonctionné. Il fait nuit, nous avons eu une longue journée de route. Pas d’eau chaude. Pas grave, crevé on remarque à peine le carrelage blanc sur rideaux verts et murs jaunes. Un luxe.
    • Salinas de Gran Mendoza: La nuit fût courte. Nous croisons un français dans l’hôtel. Il travaille dans le commerce équitable. Il nous raconte que Challapata est en quelque sorte la capitale du quinoa. « Vous savez cette plante rouge et noire que vous voyez partout, c’est du Quinoa, elle pousse partout, pas besoin d’eau ».La Bolivie est touchée par une très grande sécheresse depuis deux ans. La Quinoa est la seule culture désormais possible. « Make our planet great again »…
      En route pour Salinas. Les paysages se ressemblent mais la beauté est toujours de mise. « Regarde Jeannot ! ». Un vaste trou de centaines de mètres de circonférence. « C’est un météorite qui s’est écrasé là ». Un lac de sel et d’eau orangé s’est formé au fond. Les lamas y viennent boire. Des arbustes et de l’herbe se mélange à la roche noire et rouge. Féérique. Au sommet une église abandonnée finit de nous enchanter. Une parenthèse. Devant nous l’immensité du monde.
      La route est facile. Nous arrivons dans le village de Salinas. Une petite place nous sert de refuge. « El cuarto estara libre a las 5 ». Nous comprendrons plus tard par l’état des draps que la chambre est souvent occupée jusqu’à 17h. No comment.  La propriétaire si jeune semble déjà bien dépassée par les évènements. Plus d’eau chaude. Plus de déjeuner. Un enfant de 2 ans qui hurle. Son mari qui ne rentre pas avant 22h. Un bus qui sonne sans relâche. Il est 3h du matin. « Jean, c’est peut-être le 4×4 qui gêne ?!! ». « Même pas ».
      Dans ce chaos, la magie des rencontres (Jeannot adore parler avec tout le monde…). Celle d’un sud-africain, à vélo. Cet homme nous raconte son périple. Il a traversé la Namibie à vélo avant de traverser l’Amérique latine. Le respect s’installe. Il semble pourtant un peu perdu. « Comment dit-on de l’eau en espagnol ? Combien de km pour Oruro ? ». « Rien que 5 jours de vélo dans le chaud, le froid, le désert ». Nous l’invitons à prendre une douche dans notre chambre sans chercher à savoir pourquoi il ne souhaite pas utiliser la sienne… La porte de la salle de bain se referme derrière lui mais ne se réouvre pas. Coincé, heureux l’homme qui criait plus fort que l’enfant. Il fut sauvé.« Quel âge as-tu ? Tu vas à l’école ? tu as des frères et sœurs ? Plus vieux ? Plus jeunes ». « Oui, j’ai école à 18h. Je suis le plus vieux et je suis le 3ème de la famille sur 6. Elle, là-bas c’est mon ennemi, elle me frappe. Je veux être constructeur… comme mon papa ». « OK, tiens goûte moi çà, t’as bien mérité un Kinder Bueno ». Il sera probablement le seul enfant de ce village à avoir connu le Nutella. Fierté.
    • Salar de Uyuni: Le “stress” envahit notre Jeannot pourtant si courageux. « On a pas de GPS ! Des gens sont morts à Uyuni ». Nous prenons la route direction le Salar. La plus grande mer de sel du monde. Les petits monticules de sel peuvent percer les roues. « Guys, por aqui no !!! Seguir nuestro coche ».Nous voilà dans un convoi de 4×4. Ces hommes que nous suivons sont avocats, scientifiques boliviens et brésiliens. Ils sont venus explorer le Salar et la qualité de son sel à la recherche d’une nouvelle opportunité business. Une autre Bolivie d’hommes (et de femmes peut-être) que nous n’avions pas encore croisé sur notre route. Ils ont un GPS. Sauvé. Encore faut-il savoir s’en servir. « C’est par là ! ». « Bon en fait on va vous laisser là ».
      On continue la route avec Jeannot. Sur le chemin, un couple à vélo. Une discussion s’engage. Elle est française. Lui allemand. Ils viennent de passer 2 jours dans le Salar et trouve encore la force de grimper les montagnes. « Tenez des Kinder Bueno ». C’est Noel en Bolivie.
      Un cactus retient notre attention. 5m de cactus au moins et derrière lui 200 km de sel. Ce sera notre point de départ. On croise un villageois. Il nous dessine la route à suivre « Tout droit ». C’est parti. No WORD. 2 à 3h de traversée. Non, nous ne ferons pas de photos où l’on sautille partout… Jean n’aime pas ca… On trace sur les traces des véhicules ayant dessiné leurs marques sur ce sol blanc en gardant le cap plein sud.
      A notre arrivée à Uyuni, direction le train à charbon abandonné. En réalité, il y a des dizaines de trains abandonnés. On replonge dans un temps qui semble révolu, d’un commerce florissant au milieu de désert. Impressionnant.
    • Potosi: Départ de Uyuni direction Potosi et sa fameuse mine. La route est escarpée. Beaucoup de montagnes à traverser. Des plaines à couper le souffle où se côtoient porcs, ânes, moutons et lamas. La région est riche. Les fermes ont des toits. La route est goudronnée.Des canyons, des kms de route en montagne avec des points culminants à plus de 5000m d’altitude. A chaque virage de nouveaux paysages. Des montagnes et des mines. Des camions. Des routes. Des montagnes. Des lamas. Et puis Potosi et sa mine.
      Potosi est une ancienne ville coloniale. Une architecture hispanique avec des bâtissent colorées et de charmants balcons en fer forgé. Les rues fourmillent de petites échoppes. On a envie de tout goûter. Une place centrale avec son église. La ville est touristique. Sur le place des danseurs folkloriques font l’animation. Il est 17h, les écoliers envahissent les rues déjà bondées. La population semble jeune et dynamique. On se réfugie dans une cantine populaire locale. Orgie culinaire. Le temps s’arrête. Nous ne visiterons pas la mine et son protecteur « el tio » mais la visite semble tout de même valoir le détour.
    • Challapata: Un bonheur. Nous faisons le plein avec notre bidon de gasolina. Un chemin nous recroisons le couple de cyclistes mais aussi le sud-africain. « Désolé, nous n’avons plus de Kinder Bueno… Jeannot a tout mangé 😉 ».
    • La PazEn passant par Oruro. Les villes en Bolivie n’ont pas grand intérêt si ce n’est Potosi. La route est plaisante. Au loin, les volcans enneigés de Sajama. Il fait très chaud. Nous prévoyons un retour en douceur à la Paz. Aucune visite mais une simple balade le lendemain dans des jardins surplombant la ville.
      Des enfants s’entraînent pour leur spectacle de fin d’année. Ils dansent le reggaeton. Nous confirmons que les boliviens ont bel et bien le rythme dans la peau.
      Ce soir, c’est notre dernier soir, ce sera pâtes carbo au menu. « Les meilleurs que j’ai jamais mangé ». Il n’en fallait pas moins pour clôturer en beauté ce séjour en Bolivie.   
  • Notes historiques / Economiques et culturelles:
    • Histoire:
      • Inca: L’empire Inca interdisait la proprieté privée
      • La Bolivie, connue avant Indépendance (1825) sous le nom de Haut-Pérou, faisait parti avant l’arrivée des Espagnols de l’empire des Incas.
      • En 1545, la découverte d’une riche mine d’argent par un esclave, conducteur de lamas, amena la fondation par Juan Villaroel et Diego Centeno de la Villa impériale que les indiens condamnés à exploiter cette mine désignèrent sous le nom de Potosi.
      • Au milieu du XVIIe siècle, les Jésuites pénétrèrent dans les plaines orientales et fondèrent des missions chez les Chiquitos et les Moxos
      • La Bolivie n’intéressa d’abord les Espagnols que par ses riches mines d’argent, qui devinrent immédiatement l’objet d’une exploitation très importante; quand à l’exploration du pays, on n’en eut aucun souci, et c’est seulement après la constitution de la Bolivie en république indépendante que la géographie du pays s’est réellement constituée. A partir de cette époque et pendant plusieurs décennies, l’anarchie n’a pour ainsi dire pas discontinué et l’histoire de la Bolivie n’a été malheureusement pour une population qu’une suite de révolutions stériles; la constitution, remaniée en 1828, en 1831, en 1863, en 1880, est à peu près restée lettre morte, la plupart des présidents ayant été élevés au pouvoir par des coups d’Etat.
      • La guerre civile de 1867 à 1870 a été particulièrement violente.
      • Lorsque l’exploitation de l’argent et du salpêtre eut attiré des colons dans le désert d’Atacama, la Bolivie conclut avec le Chili un traité de limites (1866) dont elle n’exécuta pas les clauses financières; puis, elle confisqua à son profit les salpêtrières. La guerre fut déclarée. Suite à l’indépendance de 1825, la jeune republique peine à décoller économiquement.
      • Raison de la guerre du Pacifique: le gouvernement souhaite mettre en place un impot sur le sel (1878). C’est sous ce pretexe que les Chiléens commencèrent à envahir la Bolivie et c’est par la suite que la Bolivie perdut son access à la mer et la région d’antofagasta.
      • Situation actuelle de la bolivie: Evo Morales ( fils de paysan et syndicaliste de longue date) a gagné la sympathie d’une partie de la population grace à des objectifs ambitieux: lutte contre la pauvreté, corruption, l’intégration des peuples indigènes et la pleine égalité dans la société bolivienne. Il s’est attaqué à l’analphabétisme, Depuis son éléction, le pays s’est éloigné des USA et s’est rapproché du Venezuela et du Cuba. Il a aussi mis en place une politique de nationalisation.
    • Quelques Chiffres:
      • 70% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.
      • Croissance démographique annuelle 2 %.
      • Indicateur de Développement Humain (IDH): 111ème au rang mondial (sur 177 pays) ( l’éducation, l’espérance de vie et la richesse par habitant).
      • Salaire mensuel minimum: 400 bs ($50 environ)
      • Chômage: 11.5%
      • Inflation: 4.5%
    • Economie:
      • La Bolivie a connu une décennie de croissance positive supérieure à 4% PIB, mais la tendance est au ralentissement depuis quelques années. Tout en restant une des économies les plus dynamiques d’Amérique Latine, la Bolivie a enregistré en 2016 son taux de croissance économique le plus bas depuis six ans (3,7%), du fait de la faiblesse du prix des hydrocarbures. Le pays détient la deuxième réserve de gaz naturel de l’Amérique Latine et cherche à devenir un exportateur de lithium.
      • Ressources économiques: Mine, pétrole, gaz, électricité (centrales thermiques et hydroélectriques), artisanat, textile, tourisme
      • Ressources agricoles: Soja, café, coca, coton, maïs, quinoa, canne à sucre, riz, pomme de terre, bois, tabac
      • Ressources minières: Etain (5ème rang mondial), argent (9ème rang mondial), zinc, antimoine, cuivre, or, pierres précieuses
      • Elevage: Ovins, bovins, lamas, poulets.
      • Hydrocarbures: Pétrole et gaz naturel représentent une importante source de revenu pour l’état bolivien (environ 30% des revenus de l’état). Les quantités exploitées satisfont largement les besoins énergétiques du pays, et une grande partie est exportée vers les pays limitrophes (pétrole et gaz représentent 25% du total des exportation boliviennes). Les gisements de pétrole et gaz sont localisés dans les basses terres de l’est bolivien (région de Santa Cruz et Yacuiba). Ils sont acheminés par oléoducs vers la côte pacifique jusqu’au port chilien d’Arica, et par gazoducs vers l’Argentine et le Brésil. La production pétrolière a atteint son maximum dans les années 1970s avant de décliner fortement de nos jours faute de découverte de nouveaux gisements.
      • Mines: Les mines sont pour la plupart reparties sur l’altiplano bolivien. Les mines d’argent de Potosi et Oruro ont contribué à la richesse et grandeur de l’Espagne du XVIème au XVIIIème siècles. Les mines d’étain prirent ensuite le relais à partir du XIXème siècle. La Bolivie était le premier producteur mondial d’étain au début du XXè siècle, répondant à la forte demande en métaux de l’industrie militaire durant les deux guerres mondiales. Le minerai constitue le principal produit d’exportation de la Bolivie.
      • Agriculture: L’agriculture subvient entièrement aux besoins internes du pays. Environ 40% de la population vie directement de l’agriculture. Les régions cultivées représentent une infime fraction de la superficie totale du pays (moins de 5%). Elles sont réparties principalement dans les vallées de la cordillère orientale, les basses terres de l’est et sud du pays, et le nord de l’altiplano. Troisième producteur mondial de coca (après la Colombie et le Pérou)!
        Faut-il ou non interdire la culture de la coca en Bolivie? La feuille de coca fait partie intégrante de la vie quotidienne des boliviens, et ce depuis des siècles. Elle est le compagnon des mineurs et paysans qui fait oublier la souffrance et la faim, le médicament miracle qui apaise les douleurs dentaires et intestinales, la tisane qui soigne les problèmes de migraines et soroche (mal d’altitude). Mais la coca, c’est aussi la plante à partir de laquelle se prépare la cocaïne, et c’est là son principal problème… Il faut faire la différence entre la coca légale (produit de consommation de tous les jours) et coca illégale (destinée à la fabrication de drogue).
      • Elevage: L’élevage de lamas, alpagas (dans la région de l’altiplano uniquement) et moutons est destiné à la production de laine et de viande. Les bovins produisent viande et cuir.
    • Vie culturelle et sociale:
      • La culture bolivienne est très riche, typique et ancestrale, inspirée des civilisations précolombiennes, composée de nombreux rites. Les Boliviens y sont très attachés, tant au niveau gastronomique, religieux où domine le catholicisme, que traditionnel et festif.
      • Le tissage reste une activité artisanale majeure, et permet la confection de vêtements très colorés et différents selon les occasions.
      • La langue la plus parlée est l’espagnol, mais le pays dispose de diverses autres langues régionales. Langues indigènes reconnues (Constitution, 2009)
      • Le rapport à la terre est sacré et la Pachamama, déesse de la fertilité, reste une divinité à honorer. Les Boliviens lui offrent des feuilles de coca, de l’alcool et le sang des animaux. Ils croient au soleil, à la lune, à la terre et à la montagne
    • Politique:
      • De la « guerre de l’eau » (puis la guerre du gaz) à l’élection de Evo Morales: l’éclatement de la « guerre de l’eau », événement-clé de l’histoire du pays et épisode déclencheur de la dynamique sociale et politique qui conduisit à l’élection de Evo Morales en 2006. Tout commença en septembre 1999, quand le président bolivien Hugo Banzer (ex dictateur du pays dans la période des dictatures militaires des années 70-80) signa un contrat avec la multinationale états-unienne Bechtel. L’objectif : privatiser le service de l’eau de la ville de Cochabamba, sous pression de la Banque Mondiale. Les tarifs de l’eau dans la ville grimpèrent de plus de 40%, obligeant les familles les plus pauvres à choisir entre l’eau et d’autres services basiques. C’est ainsi qu’une révolte populaire de grande ampleur envahit les rues de la ville, obligeant, après 4 mois de lutte, la multinationale Bechtel à quitter le pays.La victoire de la « guerre de l’eau » est à saisir comme une victoire du peuple contre la tyrannie des multinationales. Un exemple pour les peuples du monde entier en lutte contre le néo-colonialisme. Au sein de la « coalition » qui permit cette victoire, les “cocaleros” jouèrent un rôle capital. A leur tête, il y a avait Evo Morales. Une personne pratiquement inconnue mais qui, quelques années plus tard, deviendra l’homme le plus important du pays.Le 26 janvier 2009, les Boliviens ont approuvé par référendum à environ 60 % des voix une nouvelle constitution qui octroie plus de droits aux populations indigènes, renforce le pouvoir de l’État en matière économique et garantit pour la première fois la séparation de l’Église et de l’État
      • Evo Morales est candidat à l’élection présidentielle bolivienne du 18 décembre 2005. Il a obtenu 53,7 % des voix et devient le premier Aymara à accéder à la plus haute fonction de l’État.
      • Quand on parle de la Bolivie contemporaine, il est impératif de tenir compte de la situation dans laquelle se trouvait le pays avant 2006. Evo Morales hérite de l’un des pays les plus pauvres de l’hémisphère occidental, avec des déficiences immenses du point de vue institutionnel, technique et démocratique. La population indigène, qui compose le pays à 40 % ou à 60 % selon les estimations, se trouve écartée de la sphère politique, mais aussi de la vie sociale du pays, depuis pratiquement l’arrivée des colons espagnols au 16ème siècle. Dans un premier temps, le système de domination colonial s’est installé par le biais d’un processus d’assujettissement de la population indigène, considérée comme une race inférieure et exploitée jusqu’au bout pour travailler dans les mines. La montée de la bourgeoisie libérale réformiste post-révolution française au milieu du 19ème siècle fut source d’importants changements. Les indigènes devinrent une cible de la stratégie de « citoyennisation » des nouvelles élites, visant à inclure ces populations dans le système fiscal universel. La deuxième motivation de cette politique d’inclusion fut celle de s’emparer des terres des indigènes afin de promouvoir une agriculture commerciale correspondant aux intérêts des grands propriétaires fonciers. En quelque sorte, la nouvelle bourgeoisie « acheta » la voix indigène en lui proposant une redistribution des terres, mais en la privant derrière son dos de ses bases juridiques. Ce fut un succès : l’alliance entre libéraux et indigènes fut établie ; la passivité sociale allait suivre le processus
      • La production de coca : Morales affirme sa volonté de lutter contre le trafic de drogue et que l’une des lignes de son futur gouvernement sera : « zéro cocaïne, zéro trafic de drogue ». Mais il précise : « il ne peut y avoir, sous prétexte de lutte contre la drogue, zéro coca ou zéro cocaleros (le nom des cultivateurs de coca), il faut changer ces politiques ». Il désire, dans cette optique, voir dépénalisée au niveau international la culture de la coca. La mastication de la feuille de coca est une tradition millénaire en Bolivie, et l’effet, bien que procurant une stimulation, n’a que fort peu à voir avec celui de la cocaïne.
      • La présence militaire étrangère : concernant les États-Unis, Morales estime que sous couvert de lutte contre la culture de la coca, les États-Unis installent des bases militaires. Il estime qu’actuellement « dans le cadre de politiques de lutte contre le trafic de drogue, les forces armées et la police sont subordonnées à des forces étrangères armées et en uniforme ». S’y opposant, il ajoute : « nous mènerons la lutte contre le trafic de drogue, mais sans aucune intervention policière ni militaire d’un pays étranger ».
      • La gestion des ressources naturelles : Morales ne compte pas chasser les multinationales du pétrole de son pays, mais nationaliser les entreprises exploitant les ressources naturelles, notamment l’industrie gazière et éventuellement pétrolière, et accroitre la proportion revenant à la Bolivie des richesses produites par l’exploitation de ces ressources. En mai 2006, il annonce des contrats d’exploitation des ressources pétrolières plus contraignants pour les compagnies étrangères et étend les prérogatives de la compagnie publique nationale. Une vingtaine d’entreprises reviennent dans l’administration publique après avoir été privatisées par les gouvernements précédents. Parmi les nationalisations et renationalisations se trouve l’eau
      • Sous Morales, les investissements structurels sont ainsi passés de six cent millions de dollars à plus de trois milliards en Bolivie. 66 % de cette somme est à destination des zones rurales.
      • Evo Morales s’engage à éliminer l’extrême pauvreté avant 2025. Pensant certainement être indispensable à la nation, Evo Morales tente aujourd’hui d’opérer une révision constitutionnelle afin de pouvoir briguer un quatrième mandat
      • À partir de février 2008, la réforme des retraites institutionnalisée par son gouvernement permet à tous les retraités boliviens (dont seul un sur cinq disposait d’une retraite auparavant) de percevoir un revenu correspondant à 40 % du salaire minimum. Une nouvelle réforme est engagée en 2010 pour abaisser l’âge d’accès à la retraite à 58 ans
      • En premier lieu, il faut souligner comment Morales a réussi à freiner – sans pour autant l’annihiler -l’avancée inexorable de la vague néolibérale dans son pays. L’affaiblissement du rôle de l’Etat et la conséquente réduction des dépenses publiques, les privatisations (des entreprises publiques mais surtout des ressources naturelles), la flexibilisation du marché du travail, l’austérité… tous ces traits typiques d’une politique économique néolibérale ont été « neutralisés » par le gouvernement du MAS. Au cours de sa présidence, Evo Morales a nationalisé depuis 2006 plus d’une vingtaine d’entreprises dans des secteurs stratégiques : hydrocarbures, pétrole, électricité, aéroports… Ces opérations ont clairement permis au gouvernement d’augmenter ses revenus, investis par la suite dans d’importants programmes sociaux.

Notes sur le Pérou (Mai 2017)

  • Visites et trajets:
    • Route de La Paz à Mozocruz
    • Route de Mozocruz à Moquega
    • Route de Moquega à Puerto Inca
    • Route de Pisco à Lima
    • Route de Lima à Samanco
    • Route de Samanco à Morrope
    • Route de Morrope à la frontière avec l’Equateur
  • Anecdotes plus ou moins sympas:
    • La Paz: Lors de mon séjour avec Sandra, j’avais laissé ma moto à un garagiste de la Paz pour qu’il répare mes suspensions qui fuyaient. J’en ai profité pour changer mon système de transmission ainsi que ma chaine…puis comme la main d’oeuvre était si peu chère, j’ai fait changer mes freins!
      La sortie de La Paz est particulierement challenging car il y a non seulement 1000m de dénivelé en moins de 20 minutes mais ce jour la, il y avait une grève menée par les chauffeurs de bus qui bloquaient les axes principaux.
      Ce qui m’a le plus choqué est lorsque j’ai quitté la ville et vu que sur la route principale se trouvaient toutes les ordures de la ville. Le vent n’aidait pas.
      Après un après-midi de route et un passage de frontière ralenti par le fait que je devais faire des copies de mes documents car l’immigration n’a pas de système informatique, je me suis aventuré dans le sud du Pérou. Cependant, j’ai été pris de surprise par la tombée de la nuit et du coup j’ai du rouler de nuit pendant plus d’une heure. Cela n’était pas du tout sage et en arrivant au village, la Police me l’a fait savoir “Eres loco” (Tu es fou).
      Je ne savais pas s’il y avait des logements sur place donc mon premier reflexe a été de demander au policier si je pouvais dormir au Commisariat, à cause du froid glacial. Il me guida vers la place du village où se trouvaient 2 hébergements très sommaires…mais pour 2e ça vallait le coup! J’ai dormis habillé pour affronter les -21degrés mais j’ai surtout mis une dizaine de couvertures, toutes aussi poussièreuses les unes que les autres pour éviter que le coolant de ma moto ne gèle (acheté en Afrique…)
    • Mozocruz – Moquega: Après avoir laissé la moto dehors en plein soleil pour la réchauffer, j’ai pris la route et j’ai quitté ce village très pauvre, où les gens ne vivent pas de grands choses car il fait trop froid la nuit, et c’est trop en altitude pour que les lamas ou autres ne vivent.
      Du coup, le gouvernement a lancé une initiative qui consiste à construire des habitations pour les locaux, qui ont comme avantages d’etre plus isolantes, donc plus chaudes.
      La route jusqu’à Moquega a sans doute été la plus difficile du séjour à cause du froid glacial venant du fait que j’ai pris des routes plus élevées que le Mont Blanc! Afin d’ajouter au défis, j’ai été pris dans une tempête de sable. Il faisait tellement froid que je n’ai pas voulu m’arrêter pour prendre des photos. Ce jour la,  je n’ai croisé que quelques pick-up d’entreprises minières.
      La route a été spectaculaire et sans doute la plus belle de mon séjour so far! En une même journée je suis passé de 4800m d’altitude à 500m. Certains passages ressemblaient à des scènes extra-terrestres.
      Le soir, j’ai dormis dans un pseudo stop de camioneurs ou j’ai installé ma tente.
    • Moquega – Puerto Inca – Morrope: Ce jour la, j’ai rejoins la fameuse Panamerica, et la première partie m’a enchanté car le goudron était tout neuf, permettant ainsi d’avoir une bonne vitesse de route dans les chemins courbés. J’étais aussi réjouis à l’idée de rejoindre la cote Pacifique.
    • Sur la cote, il y avait déja plus de signes de vies et il faisait plus chaud, me permettant ainsi d’enlever quelques couches.
      La Panamerica est bien pour faire des kilomètres en peu de temps mais les paysages au Pérou ne sont pas très variés, restant très désertiques. Meme si sur papier c’est une autoroute, les pluies torrentielles des derniers mois ont fait que seulement une piste fonctonnait…donc pas top pour doubler, meme si ca reste un processus rare avec ma moto.
      La route est assez dangereuse car il n’y a principalement que des camions et des bus. C’est donc un chemin de croix.
      Ce qui est aussi triste est de voir le niveau de pollution (décharge à ciel ouvert le long de la route), et malgrès quelques panneaux “Protéger la Planète”), les locaux et les autorités s’en foutent.
  • Notes historiques / economiques / Politiques et culturelles:
    • Histoire:
      • En 1814, la ville de Cuzco se souleva, et les insurgés proclamèrent l’indépendance de leur pays, mais ce ne fut qu’après une lutte de dix années (1824), et grâce au concours du général argentin don J. de San Martin, de l’amiral Cochrane (1820) et des généraux vénézueliens Sucre et Bolivar, qu’ils s’emparèrent du vice-roi Lacerna et chassèrent les Espagnols.
      • Perou Pre colombien: Avant l’arrivée des Européens, le Pérou formait un vaste empire qui, suivant les traditions péruviennes, avait eu pour fondateur et pour législateur L’inca Manco-Capac, vers le commencement du XIIe siècle. Manco Capac fonda Cuzco et y établit sa capitale. Le pouvoir des souverains incas était absolu; ils étaient à la fois rois et souverains spirituels. Toutes les terres étaient la propriété de l’empereur, qui les répartissait entre les habitants suivant leurs besoins. Il existait une noblesse instruite et un clergé nombreux. Dans l’empire des Incas, le calendrier était connu, et les fonctionnaires communiquaient avec le souverain au moyen de quipus, cordelettes de différentes couleurs, munies de noeuds. Les morts étaient inhumés dans des monuments souterrains avec tout ce qui leur avait appartenu; les personnages étaient embaumés. Les Péruviens rendaient un culte au Soleil. Les Incas ou empereurs étaient considérés comme les fils du dieu solaire, qui avait pour épouse la Lune; mais, au-dessus de ces divinités, se plaçait Pachacama, le créateur de toutes choses.
      • La conquête et la colonisation espagnoles: Si grande que fût leur puissance, les Incas n’avaient pas conquis toutes les tribus des montagne. C’est après le règne de Huayna Capac, mort en 1525, que commence la décadence des Incas. Celui qui allait être le dernier empreur inca, Atahualpa, était engagé dans une guerre contre son frère Huescar, lorsque les Espagnols, qui avaient découvert le Pérou en 1526, en firent la conquête sous la conduite de Pizarro et d’Almagro. Atahualpa fut mis à mort, et les Espagnols demeurèrent en 1533 maîtres du pays, qui devint une vice-royauté espagnole.
        L’Espagne tira du pérou une énorme quantité d’or, d’argent et de métaux précieux. Le général argentin San Martin, qui avait renversé la domination espagnole au Chili , occupa Lima en 1821 et proclama l’indépendance du Pérou, qui fut consolidée en 1824 par les victoires de Bolivar à Junin, et de Sucre à Ayacucho. Mais ce pays, à peine libre et indépendant de sa métropole, devint le théâtre de dissensions intestines qui amenèrent, en 1825, sa scission en deux républiques séparées, celle du Haut-Pérou, qui prit le nom de Bolivie , et celle du Bas-Pérou, qui conserva le nom de république du Pérou.
    • Economie:
      • Le Pérou a d’importantes richesses naturelles dont l’exploitation représente la majeure entrée de devises dans l’économie du pays. Les minéraux qui abondent le plus sont le cuivre, l’argent, le fer, le plomb, le zinc, le charbon et les phosphates. Le pays a également des ressources pétrolières. Les investissements étrangers dans les exploitations minières et pétrolières ont augmenté depuis quelques années.
      • Les principaux produits de l’agriculture péruvienne sont la canne à sucre, le riz, le maïs, les pommes de terre, les céréales, le coton, le café, les asperges, l’ail, les oignons et les fruits tropicaux.
      • La pêche, l’industrie manufacturière et le tourisme sont également des secteurs stratégiques dans l’économie péruvienne.Le gouvernement met en place des structures qui ont comme objectif de réduire les dépenses publiques, le taux d’inflation et d’augmenter la compétitivité des produits péruviens.
      • Ses partenaires commerciaux les plus importants sont les Etats-Unis, le Japon, le Brésil, l’Espagne et l’Allemagne.
      • L’économie du Pérou est la sixième économie la plus importante d’Amérique latine après le Brésil, le Mexique, l’Argentine, la Colombie et le Chili. Elle est basée essentiellement sur l’exploitation, la transformation et l’exportation de ses ressources naturelles, agricoles et marines, la majorité des péruviens vivant de ces activités.
      • Le pays a entamé un processus d’industrialisation basé sur une ouverture économique et une politique fiscale et monétaire solide. Cette ouverture économique a débuté sous le gouvernement d’Alberto Fujimori en 1990 et avait pour but de faire face à la crise économique qui avait détruit l’industrie et provoqué une hyperinflation, jamais vue en Amérique. Cependant les bons résultats enregistrés sur le plan macro-économique, s’ils ont permis une augmentation des rentrées fiscales du gouvernement, tardent à se diffuser dans la société péruvienne qui est très inégalitaire et souffre encore d’une forte émigration de ses habitants vers l’Amérique du Nord, l’Europe, le Japon et les autres pays d’Amérique latine. Cette émigration constitue toutefois une source de rentrée de devises pour le pays grâce à l’entraide familiale.
      • L’or est la principale exportation du Pérou, qui est devenu le cinquième producteur mondial.
      • Le Pérou est un pays en cours d’industrialisation, bien qu’il compte quelques productions mécaniques et électroniques. Ses industries se diversifient de plus en plus. Les produits fabriqués le sont dans des usines grandes et modernes, la plupart situées autour de Lima. Ils se concentrent essentiellement autour des secteurs de l’acier, du pétrole, des produits chimiques, des traitements de minéraux, des véhicules à moteur et de la farine de poisson.
    • Vie sociale et culturelle:
      • Le grand héritage culturel du Pérou antique s’exprime aussi dans la variété de langues qui coexistent sur son territoire. L’espagnol demeure la langue officielle, utilisée dans une grande partie du pays. Toutefois, diverses autres langues sont également reconnues par la constitution, notamment : le quechua et ses variantes parlées.
      • La liberté de culte prévaut au Pérou, bien que la religion catholique, héritée elle aussi des Espagnols, y soit dominante. Si les fêtes religieuses dénotent d’une forte influence espagnole, elles attestent néanmoins de l’influence des multiples croyances et cultes de nos cultures préhispaniques.
      • Au Pérou, les fêtes prennent un aspect mystique, car elles expriment pour la plupart, la fusion du catholicisme et des traditions préhispaniques de chaque région. L’offrande à la terre est l’un des rituels majeurs, elle est commune à toutes les régions et a pour but de remercier la Pachamama (la Terre Mère) pour sa générosité éternelle.
    • Defis du pays:
      • “Le principal défi est le manque de services de base pour 30 à 40% de la population. Il n’y a pas de collèges, de sécurité pour les citoyens, d’eau potable ou d’accès aux hôpitaux. C’est ça, et le côté informel du monde du travail et de l’entreprise, qui retarde le développement”, a déclaré le président élu, qui promet une “révolution sociale”
      • Cohabiter avec le Parlement
      • Réconcilier le pays
        • Le scrutin, exceptionnellement serré, a montré que la moitié de la population souhaite le retour au pouvoir du clan d’Alberto Fujimori, ex-chef de l’État (1990-2000) emprisonné pour crime contre l’humanité et corruption. L’autre moitié ne lui pardonne pas ses méthodes autoritaires et populistes. Pedro Pablo Kuczynski devra réconcilier ces deux camps et se rapprocher des classes populaires, plus favorables au fujimorisme.
      • Améliorer la sécurité
        • Quelque 70 % des Péruviens citent l’insécurité comme principale préoccupation, s’inquiétant du crime organisé, des agressions violentes et des bandes de narcotrafiquants. Pedro Pablo Kuczynski veut renforcer la police, améliorer la sécurité dans les prisons tout en créant de l’emploi pour les détenus. Son programme prévoit que les peines prononcées se cumulent entre elles, alors qu’actuellement, seule la plus sévère s’applique.
      • Relancer la croissance
      • Combattre le narcotrafic
        • Le Pérou est l’un des premiers producteurs au monde de feuilles de coca et de cocaïne, une activité estimée officiellement à environ 8,5 milliards de dollars par an. Une commission parlementaire a révélé que le narcotrafic avait infiltré de nombreux pans de la classe politique péruvienne. Le Parlement devra renforcer les prérogatives de l’Unité d’intelligence financière afin de lui permettre de lever le secret bancaire pour enquêter sur l’argent du trafic de drogue.
      • Apaiser les conflits miniers
        • Le Pérou, important producteur mondial d’or, d’argent et de cuivre, est agité par des conflits sociaux bloquant une dizaine de projets-clés. Les habitants redoutent la pollution de leur environnement et se plaignent de ne pas profiter de l’activité économique générée. Selon le Défenseur du peuple, organisme chargé de veiller au respect des droits de l’homme, à fin avril, sur les 145 conflits recensés dans le pays, 91 étaient liés au secteur minier. Les manifestations contre des projets miniers ont fait 69 morts depuis 2011. Pedro Pablo Kuczynski veut inclure un volet social dans chaque projet minier pour répondre aux besoins des communautés locales et améliorer les retombées économiques.
      • Lutter contre le travail au noir
        • L’emploi au Pérou est à 70 % informel, empêchant le travailleur d’être pleinement protégé. Le président promet une révolution du crédit bancaire, pour qu’il représente 60 % du PIB contre 35 % actuellement, afin de faciliter l’accès au financement des petites entreprises et les inciter à régulariser leur activité.

Notes sur l’Equateur (Mai 2017)

  • Visites et trajets:
    • Route de la frontiere à Macara
    • Route de Macara à El Guabo
    • Route de El Guabo à Ambato
    • Route de Ambato à San Gabriel
    • Route de San Gabriel à la frontière avec la Colombie
  • Anecdotes plus ou moins sympas:
    • Macara: Passage de frontière assez rapide mais coté équatorien, l’obtention du permis temporaire d’importation a pris du temps.
      Les locaux eux peuvent circuler librement, mais il y a quand même quelques controles pour “stopper” certains trafficants (Essence moins chère en Equateur mais l’électroménager est moins cher au Perou…)!
      Le sud de l’Equateur est magique, montagneux et vert! Cependant, niveau kilométrages, je faisait du 40 km par heure de moyenne au maximum, à cause du dénivelé et des courbes.
      En altitude, on trouve plutot des Incas alors que plus bas dans la vallée, on trouve des noirs. Du coup, les modes de vies, cultures et traditions varient énormément ce qui rend le voyage riche et dépaysant. Ce qui est aussi chouette est de sentir les odeurs des abres fruitiers en roulant.
      La première nuit, j’ai vite compris qu’il fallait que je sois vigilant car le propriétaire de l’hotel m’a demandé de ranger la moto dans l’entrée de l’hotel. Après le froid de certaines nuits péruvienne ou bolivienne, je cherchais un hotel avec de l’eau chaude mais ils m’ont fait comprendre qu’avec leur climat, ca frôlait le ridicule…!
    • El Guabo: Après le peu de kilomètres fait dans la jungle, je me suis dis qu’il fallait que je rejoigne le littoral où la route et soit disant plus directe. Je redescendis donc des montagnes (et de son brouillard ) où les Incas cultivent sur tout espaces et tout dénivelés, sans s’embêter à faire des terraces, pour me rapprocher du plateaux. C’est vers la que l’on trouve des fermes de tailles industrielles où poussent des bannanes ou d’autres fruits, prêts à l’export.
      En arrivant à El Guabo, j’ai cherché l’hotel le moins cher (pas d’espace pour planter une tente). Je pris celui sur la place centrale (chaque ville/village a sa fameuse place centrale) et au cours de la nuit, je vis que c’etait une belle erreure. Premièrement à cause de la chaleur, mais surtout à cause du bruit (Back to India). J’avais mis ma moto devant avec ses 2 cadenas habituels ainsi que sa bache, mais vers minuit, alors que je dormais depuis déjà 4 heures, le gardien de nuit me réveilla pour me dire que je devais enlever la bache qui couvre la moto, au risque qu’elle soit volée. Je devais aussi le payer 2$ pour qu’il la garde. Il était armé d’un long couteau d’une lame d’un mètre et me confia que les bandits locaux le connaissaient donc avec lui, ma moto était à l’abris. Après ça, à 4h du matin commenca une cérémonie religieuse avec des explosions, écourtant ainsi mon sommeil.
  • Observations sur le Pays:
    • L’Equateur est un peu comme la Slovénie d’ici. Une variété de verts, de climats et donc du coup tout pousse ici. Le pays s’est vachement développé depuis mon séjour il y a 7 ans et le Jean a remplacé les tenues traditionelles des Incas…et ça leur va plutot bien
    • On trouve des Noirs au Nord du Perou et au Nord de l’Equateur et sur la cote! Les Noirs jouent au football et les Incas au volleyball. Les villes où résident les Noirs sont beaucoup plus propres.
    • Le gouvernement met des affiches pro-environmentales et pro-securité routière partout, mais surtout “acheter pro-equateur”
    • La route de Quito à San Gabriel est magique pour les motards. Dailleurs l’Equateur et la Colombie sont vraiment des pays parfaits pour les motards.
    • Les maisons, initialement concues sur 1 niveau sont aggrandies pour acceuillir 3 générations.
    • Culture – les couples sont beaucoup plus tactiles en Equateur et en Colombie qu’au Perou ou en Bolivie.
  • Histoire du Pays:
    • Pour ce que nous en savons, ce serait des Bedouins d’Asie qui auraient traversés le Détroit de Bering quelques 35 000 ans avant JC et auraient commencé à peupler le continent américain. Il est possible qu’ils soient arrivés par petites embarcations, de la même manière que ceux qui ont atteint, à la même époque, le continent Australien. Mais l’opinion la plus générale reste qu’ils auraient profité d’une période ou la séparation maritime entre la Sibérie et l’Alaska soit asséchée, en effet nous savons que les mers et océans ont perdus près de 100 mètres de niveau entre 2 0000 000 années avant JC. et 10 000 ans avant JC., pour passer à pied ce fameux détroit de Bering.Les conquistadores espagnols arrivent sous le commandement de Francisco Pizarro en 1532.
    • Dès la dissolution de la république de Grande-Colombie (Venezuela, Colombie, Équateur et Panamá) à la mort de Bolívar en 1830, le général Juan José Flores réunit une assemblée qui proclama l’indépendance de l’Équateur, dont il se nomma président. Flores dirigea le pays en dictateur et ouvrit ainsi la voie à l’instabilité politique. Une révolte en 1845 le contraignit à l’exil, mais en 1860, alors qu’une guerre civile faisait rage dans le pays, il fut appelé à intervenir pour mettre fin au conflit. De 1830 à 1948, l’Équateur connut plus de 62 gouvernements successifs, de type présidentiel, militaire ou dictatorial. Le pouvoir alterna entre les partis conservateurs et les partis libéraux représentant la bourgeoisie créole.
    • Comme tous les autres pays de ce continent, l’Equateur est divisée entre deux modes politiques : le liberalisme et le conservatisme.
      Quito, beaucoup plus attachée à ses valeurs catholiques, se sent beaucoup plus conservatrice que Guayaquil qui croit d’avantage au libéralisme et au bien-fait du capital ce qui générera dès lors un certain «régionalime» entre les deux capitales du pays (administrative et commerciale).
      En 1912, après un trés fort mouvement de contestation, Eloy Alfaro est assassiné et entraine la prise de contrôle du pays par les militaires.
      Durant tout le 20 ème siècle, l’Equateur retrouvera à sa tête une succession de présidences civiles et militaires.
    • 21e siecle: Durant 1999, la situation économique ne fait que de se dégrader, inflation élevée, inflation monaitaire imparable face au dollar, impossibilité de rediscuter les termes des prêts du FMI et d’en obtenir de nouveaux, et, pour terminer d’effondrer le pays, le phénomène de El Niño vient à nouveau frapper le pays, sans oublier les cours les plus bas du pétrole.
      Puis vint la crise bancaire attendue, les comptes bloqués sur 5 ans pour éviter les transferts sur des comptes étrangers et qui mettent en grand danger toute l’infrastructure économique du pays. Ces mesures ne rendent pas le Président Mahuad trés populaire qui pêche par un grand manque de communication avec le peuple. Ces mesures son prises sans explications et sans réels projets futuristes.
      Enfin, le 9 janvier 2000, il annonce que le Sucre disparaitra au profit du dollar avec comme taux de change 25 000 sucres/ 1$US afin de mettre fin à la spirale de cette crise financière du pays qui dure depuis déjà trop longtemps et que les grandes familles équateuriennes ont largement su y trouver grand profit.
    • Des coups d’État et d’autres révolutions agitèrent l’histoire contemporaine de l’Équateur. Le XXe siècle compte même un plus grand nombre de gouvernements militaires que de gouvernements civils. En 1942, l’armée américaine installa une base militaire sur l’île de Baltra aux Galapagos. Puis des conflits territoriaux opposèrent l’Équateur et le Pérou en 1942; à l’issue du conflit, l’Équateur dut céder au Pérou quelque 200 000 km² de territoire, soit sa province amazonienne de El Oro, le protocole de Rio Janeiro ayant fixé les frontières des deux pays. Le conflit fut même ravivé en 1950 et en 1960
    • Le 15 janvier 2007, Rafaël Correa est devenu le nouveau président de l’Équateur. Il s’est adressé en quechua dans un discours de remerciement à la population. En témoignant de sa grande connaissance de la langue, considérée comme la quatrième langue la plus parlée en Amérique et la langue indigène la plus étendue du continent, Correa a annoncé: «Mon gouvernement sera le gouvernement des indigènes.» Pour réussir à changer l’héritage de ses prédécesseurs, Correa a demandé l’aide de tous les Équatoriens qui, «avec des mains propres et un bon cœur», veulent partager cette nouvelle étape. Il a mis l’accent sur la nécessité d’en finir avec la culture de la corruption, qui non seulement régnait dans les institutions de l’État, mais aussi dans les grandes entreprises. Le nouveau président a rappelé que la patrie devait être au service de tous, les indigènes, les immigrants, les pauvres comme les exclus. En réaffirmant son intention de mettre à profit son mandat de quatre ans pour orienter l’Équateur vers le socialisme, Rafaël Correa a ainsi rejoint le clan des dirigeants sud-américains hostiles à Washington, tels le Vénézuélien Hugo Chavez et le Bolivien Evo Morales. Le nouveau président veut renégocier la dette extérieure et modifier la Constitution (ce qui est fait, avec 64 % de oui) pour mener à bien ses réformes. Au cours de la dernière décennie, aucun des trois présidents élus n’a réussi à terminer son mandat. Tous ont été chassés par des révoltes populaires
  • Geographie & Demographie:
    • La Costa (la «Côte») qui comprend une plaine littorale et une chaîne de faible altitude (800 m); elle longe la cordillère des Andes et s’étend en bordure de l’océan Pacifique sur toute la longueur de pays
    • La Sierra, c’est-à-dire les Andes
    • L’Amazonie
    • Groupes Ethniques:
      • les Indiens (environ 40 %) – Sierra et Amazonie
      • les Métis (environ 40 %);
      • les Créoles / Blancs (environ 10 %);
      • les Noirs ou Afro-Équatoriens (environ 8 %).
    • Comme en Bolivie, l’Équateur est un pays où le mouvement indigène joue un rôle important dans l’orientation de la politique. Ce sont les indigènes qui ont réussi à faire reconnaître dans la Constitution la co-officialité des deux langues quechua et shuar. Il faut dire aussi que les indigènes de l’Équateur,  qui représentent près de 40 % de la population, semblent remarquablement organisés. Il existe dans le pays de puissantes organisations indigènes qui veillent à la protection et à la promotion de leurs intérêts
  • Population et vie culturelle
    • L’Equateur est l’interprétation la plus claire de ce que peut-être la diversité.
      Nous avons parler de la biodiversité de la flore, de la faune, géologique, climatique, la diversité à l’échelle humaine ne pouvait y manquer.
      En effet, il serait trés compliqué de parler du peuple équateurien sans parler de cette incroyable pluralité etnique.
  • Défis et progrès du Pays:
    • Crise économique: Lenin Moreno, dont le parti a obtenu la majorité absolue à l’Assemblée lors des législatives de février, va devoir diriger un pays pétrolier en crise économique , endetté à la suite de la chute des cours du brut, et politiquement divisé. Son prédécesseur a mis à profit la manne pétrolière pour moderniser l’Equateur et réduire les inégalités sociales. Mais il lui est reproché aussi d’avoir gaspillé une partie des sommes en développant les infrastructures. Il n’a pas non plus réussi à diversifier suffisamment l’économie toujours très dépendante du pétrole. Lenin Moreno hérite d’une croissance en berne et de recettes fiscales en baisse, conséquence de la chute des cours du pétrole. Même si Rafaël Correa a conclu avec l’Union européenne un accord de libre échange qui l’aide à élargir sa palette de partenaires commerciaux et à être moins dépendant de la Chine, le nouveau président ne dispose pas d’une marge de manoeuvre très large. Contraint en interne sur le plan budgétaire, il est aussi bloqué dans la région. Au moment où l’Argentine et le Chili tentent des coopérations avec le Mercosur pour résister au protectionnisme de Trump, l’Equateur peut être tenté de jouer la carte de l’Alliance du Pacifique (Chili, Pérou, Colombie et Mexique), histoire d’être moins isolé.
    • Inégalités: le Fonds monétaire international (FMI) reconnaît par exemple qu’entre 2006 et 2014, la pauvreté est tombée de 38% à 22,5% de la population. Quant à lui, l’indice Gini (qui mesure les inégalités sociales) est passé de 0,54 à 0,47 (plus vous allez vers 0 et plus vous tendez vers l’égalité).
    • II faut observer les changements qui ont eu cours dans ce pays ces neuf dernières années, depuis la première élection de Rafael Correa en 2006. L’Equateur a d’une part changé sur le plan économique et social, en s’attaquant à ses deux principaux problèmes qu’étaient la pauvreté et les inégalités sociales. De ce point de vue, les politiques d’investissements publics du gouvernement de la révolution citoyenne et de redistribution des richesses ont porté leurs fruits dans un contexte où le pays bénéficiait d’une embellie de ses exportations sur les marchés mondiaux, en particulier vers la Chine.
      Ainsi, le Fonds monétaire international (FMI) reconnaît par exemple qu’entre 2006 et 2014, la pauvreté est tombée de 38% à 22,5% de la population. Quant à lui, l’indice Gini (qui mesure les inégalités sociales) est passé de 0,54 à 0,47 (plus vous allez vers 0 et plus vous tendez vers l’égalité).
      Après la dislocation de la société engendrée par les politiques néolibérales des années 1990, le pays s’est largement équipé en infrastructures nouvelles et performantes, notamment en matière de transport, d’énergie, de communication, etc. Rafael Correa a indéniablement permis la modernisation de l’Equateur. Le pays a également fait d’énormes progrès en matière d’éducation, de santé, de mise en place de système de protection sociale et de droits sociaux.
      De nombreux pays latino-américains ont un problème avec leur structure fiscale avec peu d’impôts progressifs mais davantage d’impôts indirects qui pèsent directement sur les individus et les ménages. L’Equateur est l’un des pays qui a le plus développé et abouti une réforme fiscale qui a permis de mettre en place des systèmes progressifs stables et efficaces pour assurer à l’Etat des ressources.
      Sur le plan économique, le pays a diversifié ses partenariats au niveau mondial, a su attirer vers lui des investissements dans les années 2000-2010, notamment des pays émergents comme la Chine, l’Inde ou la Corée du Sud.
      Sur le plan démocratique et politique, le pays  a procédé à la refonte de sa constitution par voie d’assemblée constituante, mis en place la reconnaissance d’une série de droits sociaux collectifs et individuels tout à fait inédits (droit à la santé, à l’éducation, reconnaissance des statuts pour les Indiens). C’est un pays qui a restructuré son Etat et qui l’a décentralisé
    • L’Equateur conserve une croissance parmi les plus stables en Amérique du Sud, mais il se retrouve confronté, à l’instar de ses voisins, à la fois à la baisse de la demande mondiale de matières premières et de leurs cours et à une raréfaction des ressources sur lesquelles le pays peut compter. Il se retrouve aujourd’hui avec moins de ressources pour développer et mener à bien les politiques qu’il déployait jusqu’à présent. On assiste à un ralentissement des politiques que le pays voulait mettre en place à long terme, notamment en matière d’éducation et de formation d’une main d’œuvre qualifiée, qui pourrait lui permettre de diversifier son modèle économique. Le chômage et le travail informel augmentent de nouveau. En conclusion, l’Equateur se retrouve aujourd’hui en difficulté, plus qu’il ne l’a jamais été depuis l’accession au pouvoir de Rafael Correa
    • En Equateur, comme ailleurs, les politiques des années précédentes ont permis l’émergence ou le renforcement d’une classe moyenne qui aujourd’hui se montre davantage critique par rapport à son gouvernement. Elle exige un accès toujours plus important à la consommation et à la mobilité sociale dans un moment où le gouvernement a plus de mal à répondre à cette demande. Ce gouvernement est également sous le feu de la critique de plusieurs secteurs de gauche et indigènes qui lui reprochent de ne pas avoir modifié la matrice du modèle de développement économique, selon eux destructeurs pour l’environnement et les générations futures, et de se montrer autoritaire contre la contestation sociale

Notes sur la Colombie (Juin 2017)

  • Visites et trajets:
    • Route de la frontiere à El Bordo
    • Route de El Bordo à Cartago
    • oute de Cartago à Giradota
    • Route de Giradota à Sincelejo
    • Route de Sincelejo à Cartagena
    • Bateau de Cartagena à Panama
  • Anecdotes plus ou moins sympas:
    • Cartago: Le passage de frontière entre la Colombie et l’Equateur fut très rapide côté Equateur mais bien lent côté Colombien car la Douane a perdu mon permis…donc j’ai du rentrer dans leur office pour le chercher. La jeune devait être à son premier jour…A cause de sa lenteur, je l’ai charrié “Es tu primer dia?” Ses collègues ont bien rigolé et elle m’a tiré la langue.
      La route de la frontière jusqu’au camping El Bordo était très chargée (bank holiday) mais encore une fois spectaculaire. Toute verte et avec une verdure suffisament basse pour nous laisser imaginer la forme des montagnes. Les nombreux ruissauts étaient loins d’etre secs et puisque le sud du pays reste encore dangereux (Farcs – Guerilla Paramilitaire – Narcotrafficants), il y a une tres grande présence militaire. Les militaires sont tous plus jeunes que les autres et tous me saluèrent
      En Equateur, je n’avais que changé 10$ à la frontière “au black” donc j’étais très limité et une fois arrivé à l’hotel de Cartago, je me suis fait avoir à mon propre jeu puisque je n’avais pas de cash pour payer la nuit et l’hotel n’acceptait pas la carte. Du coup, même si j’avais réussi à baisser le prix, je n’avais pas assez. J’ai donc demandé à la station service d’à côté si je pouvais faire un paiement par carte pour qu’il me donne l’équivalent en cash, afin que je puisse payer l’hotel de camioneurs.
    • Cartagena: le 5 Juin, après avoir déposé ma pièce d’identité au capitaine la veille, et après m’être bien reposé dans une auberge charmante où il y avait une vraie vie de quartier, j’ai pris le chemin du port pour mettre la moto sur le bateau STAHLRATTE. Ce bateau a plus de 100 ans et le capitaine est Lulu, un allemand charmant ayant 3 femmes.
      Pour mettre les 7 motos sur le bateau qui a été utilisé par GreenPeace on utilise une grue archaique. La mise sur le bateau est beaucoup moins risquée que sa sortie.
      L’ambience sur le bateau était chouette. Il y avait un mix de motards et de backpackers allemands qui effectuaient des séjours de plus courtes durées. Certains des motards faisaient la route de la fin du monde en Argentine à Alaska. Je devais souvent faire le traducteur sur le bateau, ce qui etait souvent challenging.
      La première journée, nous avons navigué pendant 24 heures. La mer était plate mais  j’ai eu le mal de mer aux moments des repas. Je ne voulais pas prendre la pillule. Le bateau restait quand même stable mais comme par hasard, je n’arrivais pas à faire la vaiselle…Cependant, je n’ai pas été épargné de cette activité plus tard dans le séjour!
      Nous avons bien profité de la mer bleue turquoise, entourée d’une barrière de corail. Nous avons posé l’ancre dans un archipel de 350 iles au sable fin. Certaines sont habitées par les Kumas mais la plupart restent inhabitées, et seul des coquotiers poussent. Le deuxième soir, nous avons fait une soirée sur une des iles avec un bbq de poissons frais. Certains Kumas avaient été invité.
  • Observations sur le Pays:
    • Culture des Kumas:
      • Les kunas des îles San Blas sont une vingtaine de milliers, disposant de la citoyenneté panaméenne. Lors de la sécession du Panama en 1903, leur système politique était tout à fait traditionnel, de type tribal avec différents chefs dans chaque île
      • Peuple qui a débarqué sur cet archipel lorsque les colons espagnols sont arrives
      • Les pratiques traditionnelles sont restées très conservatrices : la base de l’organisation du ménage reste la famille matriarcale, les équipes de travail se font entre beaux-pères et beaux-fils, et l’habillement féminin comporte encore des anneaux nasaux par exemple. Les rapports avec la République de Panama peuvent être décrits comme des rapports de suzeraineté ; c’est le résultat d’un processus de compétition politique et économique, notamment la contrebande de noix de coco avec la Colombie, qui constitue la principale activité économique avec le trafic de drogue, îles San Blas étant un point de passage de la drogue issue de Colombie principalement
      • Il faut absolument avoir une fille, et si ce n’est pas le cas, les parents éduquent le dernier garçon comme une fille et ça devient donc un “SheMale” (Sans l’opération). Une d’entre elle est venu à bord du bateau…c’est assez étrange dans un contexte pareil…!
      • Grande addiction à l’alcool
      • Lorsqu’un pecheur meurt en mer, ils considèrent que les sirènes de mer sont responsables!
      • Avec le traffic intense de cocaine passant de la Colombie vers les USA, il est tres fréquent que des cargaisons tombent des speedboats et débarquent sur les iles ou flottent en mer. Du coup, vu la valeur monétaire de cette drogue, les pêcheurs Kumas sont plus intéressés par pêcher des sachets que du poisson frais. Non seulement car ils peuvent se faire plus d’argent à la revente mais parce qu’ils peuvent en consommer jusqu’à 20grammes par jour…
      • Le capitaine du bateau pense que leur culture va mourir à cause d’internet mais aussi parce que les jeunes peuvent rejoindre Panama City très rapidement
      • Grandes tensions entre le gouvernement et les Kumas
    • Les defis du Pays:
      • La paix: Le “principal défi” de la Colombie en 2017 sera de construire la paix. Victimes ou acteurs du conflit armé, des millions de Colombiens ont subi les horreurs de la guerre et souffrent des stigmates de décennies de violence. Leur cicatrisation est l’un des défis à relever sur le chemin vers la paix. L’accord de paix ratifié fin novembre laisse entrevoir une lumière au bout du tunnel d’une guerre qui, depuis les années 1960, a fait au moins 260.000 morts, plus de 60.000 disparus et près de sept millions de déplacés. En réalité, la guerre plonge ses racines dans l’histoire, la question de la terre – sa propriété, son usage et son contrôle –, la configuration de l’État et, enfin, le modèle de développement mis en œuvre.
      • S’ajuster au boum des matières premières. La forte expansion du secteur minier a provoqué de larges fluctuations du taux de change réel, qui nuisent à la compétitivité des autres secteurs participant aux échanges, phénomène bien connu des exportateurs de ressources naturelles sous le nom de « mal néerlandais ».
      • Réduire l’inégalité de revenu. La Colombie est confrontée à une forte inégalité et une grande pauvreté, qui s’expliquent toutes deux par le chômage et l’activité informelle. Des réformes du marché du travail sont requises pour doper la création d’emplois et réduire la part des travailleurs informels. Il faudra pour cela améliorer les résultats d’éducation et réformer les réglementations restrictives du marché du travail. Le salaire minimum devrait être différencié par région, alors que le niveau élevé des cotisations sociales et des contributions parafiscales, qui jouent à l’encontre de la création d’emplois formels, devrait être réduit.
      • Stimuler la productivité et mettre en œuvre d’autres réformes pour assurer une croissance durable. Les pouvoirs publics devraient mettre en œuvre des politiques destinées à encourager la productivité dans l’ensemble de l’économie, notamment par le biais du système d’éducation et de formation. Une action est aussi nécessaire pour améliorer l’infrastructure des transports, favoriser la progression de l’investissement privé, réduire les obstacles à l’entrepreneuriat, améliorer l’accès au financement et renforcer la primauté du droit, de façon à garantir une meilleure exécution des contrats et à réduire la corruption
    • Histoire et cause du Conflit:
      • Il n’y a pas de position unique sur les raisons de la guerre. Cependant, plusieurs facteurs pourraient l’avoir provoquée. Premièrement, nous avons la lutte pour la terre. Des spécialistes pensent que le facteur agraire a été le principal déclencheur de la lutte entre le Gouvernement et les insurgés. L’absence de garanties données par le Gouvernement concernant les nécessités de base : logement, alimentation et travail aurait eu pour conséquence que les insurgés voient le rébellion comme nécessaire. La lutte des classes et un nouvel ordre capitaliste, a eu pour résultat des affrontements sociaux qui ont provoqué la naissance de forces insurgées. Finalement,  le conflit est dû à l’exclusion, aux inégalités et à la criminalité que subit le peuple colombien dans les années 50 quand les groupes d’insurgés ont fixé de nouvelles relations entre le centre du pays et les régions étant donné l’incapacité de l’Etat à apporter sa protection à ceux qui se trouvent dans les zones rurales. Cela provoque la naissance de nouvelles s structures de pouvoir dans ces localités. Le trafic de drogues est considéré comme la principale cause de l durée du conflit armé. L’influence de celui-ci et les politiques néolibérales du Gouvernement ont été essentiels dans la guerre que vit la Colombie.
    • Histoire de Carthagene:
      • Pendant près de trois siècles, elle fut un bastion du Royaume d’Espagne en Amérique du Sud et eut un rôle clé dans l’administration et l’expansion de l’empire espagnol, la présence de hautes personnalités espagnoles fortunées, proches de la royauté et de la vice-royauté de Nouvelle-Grenade, en faisant un lieu d’activités politiques et économiques. Carthagène des Indes fut aussi un important centre de traite des esclaves et de transit de l’or issu des pillages des empires aztèque et inca, or destiné à l’Espagne
      • Il est bien délicieux de musarder dans tes rues joyeuses et colorées. Il est pourtant bien moins léger d’ errer sans tes couloirs du temps. Il ne faut pas aller bien loin. Quelques dizaines d’années tout au plus pour découvrir une autre Carthagène. Oubliez donc la proprette ville touristique d’aujourd’hui. Imaginez plutôt des bâtisses à la peinture décrépie, aux portes murées, aux fenêtre brisées, aux toits éventrés. Ce n’est plus la chaude pluie Caraïbe qui bat le pavé de sa vigueur, ce sont plutôt les eaux usées déversées par seaux entiers qui les souillent de leur noirceur. La méfiance y règne, l’insécurité est chronique. Suite à l’indépendance Colombienne, supplantée administrativement par Bogota, maritimement par Baranquilla, engluée dans les luttes intestines d’une Colombie de Caudillos, elle sombra dans l’oubli, la décadence. Elle se voyait pourtant grande et fière cette Carthagène des temps anciens. Il y a un peu plus de 2 siècles, à l’heure des guerres Napoléoniennes et de la chute du roi d’Espagne, alors qu’elle était encore sous la tutelle Ibérique, elle s’autoproclama unilatéralement République. A l’instar des anciennes Républiques maritimes de Venise ou de Dubrovnik sur l’Adriatique, elle se fit cité État, telle la proue du vaisseau Amérique, prête à éclairer de sa splendeur les Caraïbes, le nouveau monde. Mais ses ambitions d’indépendance tourneront vite courts. Après un bref retour des espagnols aux commandes, le panaméricaniste Simon Bolivar redonnera l’indépendance à la Colombie et laissant peu de place aux velléités autonomistes de chacun, il décrétera indépendant et unis un vaste territoire englobant plus ou moins ce que sont devenus aujourd’hui la Colombie, le Vénézuéla, l’Équateur et le Panama. Ses rêves d’une nation Sud-américaine intégrée allant de l’isthme de Panama à la Terre de Feu ne verront finalement jamais le jour. Mais revenons en à notre ville. Ces ambitions souverainistes de 1815 avaient pour origine une histoire prestigieuse. Celle d’une Carthagène marchande, cœur du Commerce transatlantique. Important sel et huile d’Espagne, tissus et vins de France, armes de Milan, voiles et draps de Hollande et d’Angleterre. Exportant par flottilles de galions entières or, argent et or blanc (le sucre). Celle aussi d’une Carthagène, place forte imprenable protégée par remparts et château. Un véritable joyaux de la couronne d’Espagne. Bénie par son empereur, jalousée par les autres. La perle des Amériques. Mais derrière cette face dorée de l’idylle coloniale subsiste encore aujourd’hui dans la chair, dans l’âme de cette ville les stigmates des batailles, des tueries, des pillages, de la folie des hommes. L’un d’eux se voit directement sur le visage de sa population. Les traits afro d’une grande partie des habitants sont la conséquence directe de l’une de ces horreurs du passé. Eux sont les descendants de ces armées d’esclave qui les fers aux pieds, les larmes au yeux, la terreur au ventre étaient vendus au plus offrant sur la place publique. C’étaient en tout cas le lot des survivants, les autres, leurs frères, leurs filles, trop faibles, trop insoumis, jonchaient encore les fonds marins de l’Atlantique. Ils venaient remplacer une main d’œuvre indienne, elle même génocidée, dans les plantations de canne à sucre, dans les mines. Car la fonction première de Carthagène était bien d’exporter en Espagne la sève de ses possessions d’outre mer. Son sucre, fruit de l’exploitation forcenée des esclaves dans les plantations, son or, fruit, entre autres du pillage de l’Empire Inca, son argent, fruit de l’atrophie de la montagne de Potosi et de tant d’autres. En échange de leurs asservissement, indiens et africains recevaient en gratifications la substance première, la quintessence de la civilisation européenne : la foi catholique.
    • Massacre des bananeraies:
      • Phénomène courant et plus récemment avec l’entreprise Chiquita! Le plus connu a eu lieu dans la ville de Ciénaga au nord de la Colombie, le 6 décembre 1928 lorsqu’un régiment de l’armée colombienne ouvrit le feu sur des travailleurs grévistes de l’United Fruit Company.

Notes sur l’Amérique Centrale (Juin 2017)

  • Visites et trajets:
    • Croisière de 4 jours dans les San Blas Islands
    • Route de la sortie du bateau à Panama City
    • Route de Panama City à Bocas del Toro
    • Route de Bocas del Toro au Costa Rica
    • Route de la frontiere à Limon
    • Route de Limon au Volcan Arenal
    • Route du Volcan Arenal à San Juan del Sur (Nicaragua)
    • Route de San Juan del Sur à RivasRoute de Rivas à Agua Salada (El Salvador)
    • Route de Agua Salada à Playa El Tunco (El Salvador)
    • Route de El Tunco à San Salvador
    • De San Salvador à Mexico City (Mexique)
  • Anecdotes plus ou moins sympas:
    • Du bateau a Panama City: Après 4 jours en mer, nous avons débarqué du bateau pour traverser le pays et arriver dans la capitale. La sortie des motos à l’aide d’une grue manuelle s’est avéré particulièrement risquée sachant que 2 motos ont failli atterrir dans l’eau. Apres avoir transféré le matériel et les motos et après avoir récupére nos passports (le Capitaine paye en cash un local pour qu’il aille faire tamponner nos passports sans qu’on ait a y aller), nous avons fait une photo de groupe avec les autres motards (un bon groupe de 7 motos).
      Même si nous avions terminé avec l’immigration, il nous restait les douanes, qui se trouvait à Panama City même, soit à 80km du bateau. Avant d’y arriver, un groupe de militaires bien armés et 2 Kumas nous ont arrêté pour nous demander de payer un droit d’entrée dans le territoire des Kumas, soit 30$ par moto. Nous étions 7 motos, et certains d’entre nous étaient prêts à payer, dont le couple d’Anglais. J’étais naturellement contre, mais j’ai laissé voir comment le Brésilien (El Brazilero) se débrouillait. Voyant qu’il n’arrivait pas à convaincre nos interlocuteurs, et voyant que l’Argentin commençait à parler du fait que le Capitaine du bateau avait donné du cash au local afin de gérer les problèmes d’immigration, j’ai pris la relève. Je suis allé voir celui qui paraissait être le plus à l’écoute.
      Une main sur l’épaule et 5 minutes après, je réussis à convaincre le chef Kuma de nous laisser passer sans frais. La route fut challenging à cause des courbes et les nombreuses montées / descentes vertigineuses. De plus, ma moto n’était pas assez puissante pour pouvoir les suivre donc je n’ai pas du tout aimé chemin de route en groupe car j’avais l’impression que je prenais des risques. Heureusement, l’Australien creuva donc j’ai pu les retrouver avant d’arriver sur les grands axes routiers.
      Nous avons passé plus de 4 heures aux douanes à cause de nos 7 motos. Le fait que la fonctionnaire ne connaissait pas son alphabet n’a pas aidé. Une fois arrivé à l’hotstel que le Brésilien avait déjà identifié, un autre client d’origine Africaine m’a demandé si je parlais anglais. Je répondis à ses questions avec plaisir mais je compris très vite qu’il serait plus à l’aise si nous parlions français. Il souhaitait arriver au Canada en bus en une semaine, pour y trouver un emploi. Il avait quitté son village après avoir perdu sa famille suites aux violences et pour financer son voyage une de ses cousines lui avait envoye de l’argent. Je n’ai pas vraiment pu l’aider dans la logistique de son voyage mais je lui ai cherché des hostels moins chères afin que ses sous partent moins vite.
      Nous avons passé 2 jours tous ensemble à Panama et le deuxième jour a servit à travailler sur les motos. On a passé plusieurs heures dans le garage officiel de BMW où l’Anglais avait organisé une révision complète de sa 1200GS. Il ne parlait pas un mot d’espagnol donc avec un Italien nous sommes restés pour l’aider. Une fois la bas j’ai sympathisé avec le patron et il a accepté de verifier ma moto puis de la laver.
    • Bocas del Torro: Apres un bon plat de pattes carbonara cuisine par l’Italien (El Italiano), et une nuit très courte car je devais mettre à jour mon blog, nous avons mis le réveil à 5h45 pour partir à 6h30. Il n’était pas possible de partir plus tard selon l’Argentin. Un truc de fou selon moi mais l’Argentin, l’Italien et le Brésilien voulait faire 640km ce jour la. Mon record jusqu’à la était 480km. J’étais stressé à l’idée de partir avec eux après avoir vu la vitesse à laquelle ils conduisaient. Je savais d’avance que même si j’ai les capacités physiques pour faire plus de 10 heures de moto, la moto elle même aurait du mal. Ils m’avaient promis de m’attendre mais après 30 minutes de route, je les avait deja perdu de vue. Je fis donc cette route seule mais j’avais en tête de les retrouver au port où l’on avait un bateau à prendre pour nous emmener sur des petites iles. Je fis donc les 600km sans pause, à part pour prendre de l’essence. Je ne vous cache pas que je n’ai pas aimé cette journée, non pas pour la pluie mais par peur de rater le bateau et donc de ne pas pouvoir faire la fête avec eux ce même soir. La blague est que je suis arrivé au port avant eux car ils s’étaient arrêtés à plusieurs reprises, dont une longue pause déjeuner.
      Le séjour sur cette ile a été écourté à cause de la pluie. Et oui, nous étions en plein dans la saison des pluies, et en plus de ça, il y avait un cyclone sur toute l’Amérique Centrale. Dommage car cette ile est connue pour ces belles plages. On en a cependant bien profité pour faire la fête jusqu’a 2 heures du matin et ça c’était sympa. Pour arriver sur cette ile, il fallait prendre un bateau de 30 minutes. L’ile a pris ce nom car en découvrant l’ile, Christophe Colomb a trouvé qu’il y avait une grande richesse de fruits et que ce bout de terre avait une forme de taureau. En soit, l’ile est vraiment chaleureuse grace à son influence jamaïcaine. Et oui, il y a eu un grand mouvement de population noire vers cette region lors de la construction du canal de Panama.
    • Limon (Costa Rica)Cette belle route a traversé des hectares de bananiers et d’autres arbres fruitiers. Aux entrées des fermes, on apercevait des camions avec le fameux logo “Chiquita”, cette entreprise de bananes a une très mauvaise réputation, puisqu’elle est accusée de génocide.
      Comme dans le reste de l’Amérique Centrale, il n’est pas rare de voir les locaux à cheval ou à dos de boeufs. Ils utilisent du bois comme source d’énergie donc on retrouve très souvent un espèce de brouillard aux alentours des villages ou villes. Cette mauvaise visibilité rend la prise de photos difficile. Le mauvais temps ce jour la n’était pas.
      Cette nuit la, nous avons dormis en mode camping sauvage sur une plage de sable noir. J’ai longuement hésité à dormir dans mon hamac mais vu le degré d’humidité et le risque de pluie, j’ai planté ma tente. A nouveau, l’Italien nous a cuisiné un plat de pates avec son réchaud, et n’ayant pas d’eau, nous sommes partis en chercher au puit le plus proche. Ce meme puit nous a permis de se laver, mais je ne vous cache pas qu’elle sentait un peu bizarre.
      Depuis le premier jour, une division naturelle des taches entre nous 4 s’était faite. L’Italien s’occupait des repas avec l’Argentin, le Brésilien de la vaisselle, et je m’occupais des finances afin de s’assurer qu’il n’y ait pas de perdants. Je prenais donc note de toutes les dépenses. Cette tache fut bien utile au moment des postes de frontières car a deux reprises le Brésilien a du avancer pas mal d’argent en dollars car la carte de l’Italien ne marchait pas.
      Ce qui était assez marrant est que les 3 autres me prenaient comme un enfant, puisque je ne m’y connaissais pas en moto ni en mécanique, mais ils avaient juste oublié que je ne les avais pas attendu pour traverser le monde. Ils faisaient un tout petit voyage contrairement à moi, mais je pris ça avec beaucoup d’humour et j’ai joué le jeu. Ca m’a arrangé puisque l’Argentin et le Brésilien ont a plusieurs reprises passé du temps à verifier ma moto. C’est d’ailleurs le Brésilien qui a découvert que ma boite de vitesse avait de gros problèmes et qu’elle platinait. A table, ils ne parlaient que moto. De manière générale je ne savais pas qu’on pouvait parler pendant tout un diner de freins de moto! Ils ne voyageaient que pour le plaisir de rouler, mais l’idée de gravir un volcan ou profiter d’une belle plage, ou même visiter un musée ne leur venait pas à l’esprit.
      Le Costa Rica nous a beaucoup refroidis puisque tout est très cher et nous n’avons pas eu de chance avec le temps.
    • Volcan Arenal (Costa Rica): Il aura fallu attendre ce beau spot au bord d’un lac volcanique pour utiliser pour la premiere fois mon hamack. Mais très vite j’ai réalisé que c’était un mauvais choix puisque les nuages orageux se dirigeaient vers nous. Mes potes avaient quand à eux planté leurs tentes sur le seul bout de terre plat et on commenca notre apéro bien mérité. La pluie arriva très vite, plus vite que prévu donc on installa une bache au dessus de nous entre 2 motos pour pouvoir continuer à savourer nos chips. Après 30 minutes, le Brésilien est allé voir au village si nous pouvions nous installer dans un endroit plus à l’abris car l’horizon était assez inquiétant, puis il revint avec une bonne nouvelle. Le seul restaurant du coin était OK pour nous héberger sur leur terrasse couverte et c’est donc la qu’on passa la nuit. J’ai de nouveau installé mon hamack.19105567_827435734081583_213727120226314408_n
      Même si cette fois ci, cela m’arrangeait d’être au sec, j’ai très vite réalisé que c’étaient des voyageurs “Nutella”, soit des voyageurs de luxe qui hésitent beaucoup avant de planter leur tente, et qui préfèrent un un bon lit au chaud et avec une bonne douche chaude! Comme ils voyageaient pour moi longtemps et avec un budget supérieur au miens, j’ai souvent du questionner ce que l’on mettait dans notre Kadi!
    • San Juan del Sur (Nicaragua): San Juan est connu pour son spot de surf et se trouve tout prêt de deux beaux volcans après la frontière. Ce soir la, l’Argentin, qui doit avoir 25 ans d’experience de moto est tombé dans un virage et a cassé les clignotants de sa moto de collection. Ce même soir, j’ai fait ma première vidange, mais la fin fut difficile puisqu’il n’y avait pas assez de lumière. Du coup, sans le savoir, je n’ai pas assez serre le couvercle de la boite du filtre à huile, et le lendemain, j’ai du gérer une mésaventure. En effet, à la station service, l’Argentin me fit signe pour m’alerter que j’avais une fuite d’huile. On s’est donc arrêté pour resserrer le couvercle. Cependant, en le resserrant, l’Argentin  qui possède un garage BMW en Patagonie fissura la pièce. On a essayé de la recoller avec une pate spéciale et après 2 heures d’attente à l’ombre, on repris la route. On était tout content mais 20 minutes après, l’huile a recommencé à fuir. Nous étions loins de toutes grandes villes et la seule solution que nous avions était de conduire au prochain village. Cette pièce est unique et sans huile, le moteur ne peut pas durer.
      Une fois arrivé à la stations service du coin, l’idée était de trouver un poste internet pour appeler BMW afin de voir où l’on pouvait récupérer une pièce. Sachant que très peu de BMW circulent dans la region, la probabilité d’en trouver était très basse. Si un des quelques garages BMW avait cette pièce, l’idée était d’aller à 2 moto (par raison de sécurité) et donc de me laisser avec un autre motard dans ce même village.19149027_829645203860636_9137378418231658129_n
      Cependant en cherchant un café internet, on passa devant un atelier où se trouvaient de vieilles machines russes, américaines et espagnoles, et on y rentra. On expliqua le problème à l’artisan et il m’a confirma qu’en 1 heure, il pouvait me reproduire une pièce identique en aluminium. On oublia donc l’idée d’appeler BMW. 2 heures après, la pièce était prête et je fis 2 tours dans la rue pour voir si la fuite continuait. Pas de chance, la fuite s’était arrêtée mais la pièce possédait un mini trou. Du coup, l’artisan boucha se même trou et je pris la route. Nous étions soulagés.
    • Passage de douane Nicaragua – Honduras – El Salvador: La traversée de l’Honduras fut express car avec El Salvador, ce sont les pays les plus dangereux du monde. Du coup, nous avons conduit en convois et nous avons traversé le pays en quelques heures. Il y avait beaucoup d’enfants le long de la route qui mendiaient.  Aux douanes, les jeunes locaux se sont jetés sur nous pour nous aider à faire les papiers ou garder les motos. Ayant traversé plus de 40 frontières, je ne ressentais pas le besoin de payer pour ça, mais les autres voulaient à tout prix que quelqu’un garde leurs motos. Du coup, à chaque fois, on devait déboursé 5$ pour quelque chose qui n’ avait pas lieu d’être. Ca m’énervait.
    • El Tunco (El Salvador)Après un petit déjeuner léger et un réveil forcé, nous avons pris la route en direction de San Salvador. Il ne faisait ni beau ni chaud, c’était nuageux, mais par chance il ne pleuvait pas. Comme d’habitude le Brésilien était devant suivit de l’Argentin puis de l’Italien et je suivais derrière, loin derrière.
      Cette journée ne se passa pas comme prévu et ce 17 Juin restera dans mes souvenirs. Vers 9 heures du matin, alors que je circulais à une vitesse normale (30km/h), j’ai été percuté de plein fouet par un automobiliste alcoolisé. Cela s’est passé dans un virage en montagne alors que je montais et il descendait à 90 km/h. Cependant il roulait du mauvais coté de la route, soit du mien, et le fait que ça se soit passé dans un virage ne m’a laissé aucun instant pour réagir. En voyant la voiture arriver vers moi, j’ai cru qu’il voulait me tuer. Je n’ai pas eu le temps de penser à autre chose que d’un cout la voiture me percuta et ma jambe gauche fut la premiere zone touchée, puis la moto. J’ai été projeté dans les airs au dessus de la voiture. La moto reçu le même impact. En atterrissant sur l’herbe, je ressentis une douleur insurmontable au niveau de ma jambe gauche et en la regardant je compris pourquoi. Elle avait pris la forme de la lettre L, et je compris directement que mon voyage était terminé. Je ne réalisais pas encore que j’avais eu la chance de survivre face à l’intensité de cet impact. Malgré tout cela, je n’ai pas perdu connaissance et j’ai donc pu tout de suite regarder si le conducteur en question s’était enfuit ou non.
      En regardant sa voiture, je compris pourquoi il ne pouvait pas aller plus loin, sa direction et son pneu gauche était sortis de leur axe et la portière et une partie du parchoc étaient complètement défoncés. Ma moto quand a elle fumait et tout l’avant de la moto était hors service. C’est à dire que les suspensions, la pompe à eau et la roue avaient pris un tel choc que personne ne pouvait partir avec, en profitant de mon immobilisation au sol.19247697_830765693748587_6064628438939977959_n
      Très vite, d’autres voitures passantes se sont arrêtées et des locaux m’ont demandé si j’allais bien. J’avais chaud, très chaud dans ma combine de moto et avec mon casque donc inutile de vous cacher que j’étais en sueur. Un peu après, un pickup de la police s’arrêta et un homme et une femme sortirent. Ils me rassurèrent et me demandèrent si je voyageais seul ou avec des amis. Je leur répondit que 3 amis étaient devant et ils me demandèrent leur numéro. Je leur expliquèrent qu’ils étaient injoignables puisqu’ils n’avaient pas wifi. Ils mirent longtemps à comprendre et je dus leur expliquer à plusieurs reprises, chose que j’aurai bien aimé éviter, vu mon état. Ils me demandèrent une pièce d’identité mais je leur repondis que la priorité était d’appeler une ambulance. La aussi, ils ne semblaient pas comprendre et je leur ai dis que j’étais en train de mourrir. Le sang coulait à toute vitesse étant donné que mon genou avait une fracture ouverte. Vu que l’ambulance n’arrivait pas, on m’a transféré sur l’arrière du pickup de la police vers la première clinique. Cependant ils n’étaient pas équipés pour ce genre d’action, du coup, ils ramassèrent une planche de bois qu’ils avaient trouvé plus loin sur le bord de la route. Cette planche de bois servit de brancard, et à plusieurs ils me mirent sur l’arrière du pickup. Rien que ce mouvement me fit extrêmement mal. Avant de quitter le lieu où j’aurai pu perdre la vie, je voulais m’assurer que mes affaires (Ma moto, mes caisses et sac) étaient bien à l’abris. N’étant pas sur, je demandai à la policière de prendre avec moi les caisses et le sac, mais la moto resta sur le long de la route.
      Avant de partir, un des locaux pris l’initiative d’aller chercher mes amis qui devaient m’attendre plus loin. C’était le cas. Je ne les ai pas croisé mais ils sont retournés au lieu de l’accident pour garder la moto. Une fois qu’elle avait été mise sur un camion, ils prirent la route pour le “Puesto de Salud” où une équipe devait stabiliser mon état de santé avant de m’envoyer aux urgences à San Salvador, la capitale. Par chance, à cette clinique, un motard s’arrêta en voyant ce groupe de motard (mes 3 amis) et s’intéressa à mon état. Il me demanda si j’avais une assurance et en prenant connaissance de ma réponse, il demanda à l’ambulance de changer de plan, et d’aller dans le meilleur hôpital privé de la capitale, au lieu d’aller dans l’hôpital public le plus proche. Cette idée la me sauva sans doute une 2eme fois, puisqu’apparemment la qualité des soins dans le public n’est pas top, mais surtout, la disponibilité du personnel est très limitée donc j’aurai pu attendre très longtemps avant d’être opéré, ce qui aurait mis ma vie à risque puisque je perdais deja beaucoup de sang.
      19399155_830765700415253_2435133080305131282_nDans l’ambulance pour l’hôpital privé, j’ai réalisé une deuxième fois que mon voyage était terminé, et je me suis mis à pleurer non stop. L’ambulancier essayait de me consoler mais sans grand succès. En arrivant à l’hôpital, je vis aux regards du personnel que j’étais dans un sal état et ils avaient pitié pour moi en voyant la forme de ma jambe. Je m’inquiétais à ce moment la que les 3 motards ne trouvent pas l’hôpital et donc que je ne récupère pas toutes mes affaires. Ils arrivèrent plus tard et l’Italien me confirma que la moto et mes caisses étaient entre de bonnes mains puisque le motard (Oscar) qui s’était arrêté à la clinique avait appelé un camion pour emmener la moto et mon materiel du “Puesto de Salud” à chez lui. Oscar était propriétaire d’une boutique Touratech, un équipementier de moto. L’Italien prit ma carte et mes papiers pour ouvrir un dossier avec la réceptionniste de l’hôpital. Quelques minutes après et une fois que l’anesthésiste avait fait son travail, on m’a déplacé dans la salle d’operation…où je suis resté 5h30.
    • Hospital Diagnostico (San Salvador): La dernière fois que j’ai mis les pieds dans un hôpital était pour voir mon grand père avant qu’il nous quitte en 2014, puis avant ca, c’était pour mon accident de ski. C’était donc il y a longtemps et je n’y étais resté que quelques heures. En entrant dans cet hôpital Salvadorien, je ne savais pas pour combien de temps j’allais y rester…mais je finis par y rester 2 semaines.
      Et oui, après 5h30 en salle opératoire, alors que le chirurgien pensait que l’operation n’allait durer qu’1h30, je fus transférer en salle post opératoire. Tout ça a duré plus longtemps que prévu car j’avais 3 fractures, 1 énorme au fémur (femur complètement cassé en 2) et 2 aux genoux et mes ligaments ainsi que mon quadriceps étaient explosés. Heureusement je portais des bottes de motos hautes et rigides donc mon pied, tibia et cheville furent épargnés. La fracture au genou était ouverte et en travaillant sur la zone sensible 1 litre et demi de sang sortis d’un coup, et pas de chance, ce sang tout chaud tomba directement sur les chaussures du chirurgien. Entre l’accident et ce moment la, j’avais donc perdu 3 litres de sang…sachant que le corps en contient 5, j’étais de nouveau à risque. D’ailleurs je l’étais déjà puisqu’en rentrant dans la salle opératoire je faisais de la tachycardie, et j’étais tellement blanc que le médecin Anesthésiste était très inquiet.
      19225711_830765733748583_5159629169179199687_nUne fois l’opération terminée, les médicaments qui m’avaient complètement endormis arrêtèrent de faire leurs effets, et en me réveillant, la première chose que j’ai dis est “Tengo calor, tengo calor” (J’ai chaud, j’ai chaud). Avant que j’oublis, la dernière chose que j’ai dis au médecin avant que je sois endormis était “Esta seguro que sabe lo que hace?”(Etes vous sur que vous savez ce que vous faites).20205806_10154636609010671_1741515129_o
      En me réveillant de la salle post opératoire, la première chose que j’ai dis au médecin a été “Quiero comer un hamburgesa” (“Je veux manger un hamburger”. J’étais très fatigué et sous haute dose de morphine donc quand mes 3 amis ainsi que le Consul de France sont venus me voir (Ils avaient attendu dans le couloir pendant 5h30), j’étais complètement à l’Ouest mais rassuré que mes affaires soient entre de bonnes mains. Je leur ai confié le doudou en forme de lapin de ma soeur pour qu’il puisse continuer à voyager.
      Les 2 semaines à l’hôpital sont passées assez vite et je ne souhaitais pas être rapatrié même si l’assurance faisait tout pour essayer. Cependant le médecin chirurgien considérait que je n’étais pas du tout en état et que ça serait trop dangereux. En effet, mon taux hémoglobines était tombé à 3 alors qu’une personne en bonne santé l’a à 12 environ. Ma tension et pression étaient aussi très basses. En plus de l’opération chirurgicale, on m’avait transféré 3 litres de sang.
      19437364_834700970021726_2023872583705718422_nSachant que les résultats et les nouvelles n’étaient pas très encourageantes, les parents et Charles (mon frère) se sont organisés pour qu’il vienne s’occuper de moi et vienne relayer l’information du médecin. Les parents n’étaient pas venus car ils n’avaient pas compris l’état critique dans lequel je me trouvais. Son aide a été cruciale ainsi que sa présence. En effet, il m’aidait à manger car je n’avais pas assez de force dans la première semaine, il me motivait pendant les séances de kine, il traversait la ville pour me trouver des tartes aux pommes et croissants de la seule pâtisserie française. Sans aller dans les détails, il gérait les dossiers administratifs avec l’assurance, l’avocat, l’hôpital et le Consul. Son aide allait jusqu’à me mettre de la bonne musique pour que je retrouve des forces. Je ne vous cache pas que j’étais très très affaibli et dans un état critique la première semaine. En effet, le Mardi après l’opération, une infirmière qui était venu me voir de nuit a vu que les indices affichés sur la machine étaient si bas, qu’elle s’est précipitée pour appeler le médecin Chirurgien. Ce dernier a du venir en urgence à l’hôpital pour aider mon organisme à remonter la pente. Si elle n’était pas passé et s’il n’avait pas répondu à son téléphone, j’aurai encore pu y passer, comme après l’accident ou comme lorsque je faisais de la tachycardie.20228010_10154636608995671_570767983_o
      Les journées à l’hôpital étaient un peu toujours les mêmes. Réveil à 5h du matin pour prendre les médicaments, petit déjeuner à 8 heure, toilette avant le déjeuner, déjeuner, kine à 3h, diner v 7h, médicaments à 10h et dodo. J’étais tellement faible après l’opération et sous haute dose de morphine (3.6) que je dormais toute la journée et je n’avais pas de force. J’avais perdu toute ma force car l’organisme pour survivre du au manque de sang est allé chercher ce qu’il trouvait dans mes muscles. Je ne pouvais donc même pas lever un poids de 1kg ou me mettre sur le côté. La douleur n’aidait pas mais c’était surtout le manque de force. Du coup, un jour j’ai refusé de me faire laver dans le lit et les infirmières m’ont donc appelé à partir de ce moment “El Tigre”. Ce n’est qu’à partir de 10 jours que j’ai eu assez de force pour sortir du lit et me laver assis hors du lit. Un exploit!20107926_10154636609025671_2044010028_o
      Les seances de kine étaient quotidiennes à partir du 6eme jour. Les débuts ont bien été difficiles pour mon moral mais surtout vu mon état de santé. Je ne pouvais même pas lever ma jambe droite, qui n’a même pas été accidentée. Du coup, la première séance a servit à mobiliser les bras, les jambes pour étudier la douleur. La Kine n’avait jamais vu une blessure d’une telle ampleur. Dans la deuxième séance, la jambe gauche ne répondait à aucun appel et 3 personnes m’aidèrent à me mettre sur le côté du lit. Le 3eme jour de kiné servit à me mettre sur la chaise roulante avec l’aide de 2 personnes. On essaya de faire quelques mouvements avec la jambe gauche mais sans grand succès. C’est dans la 4eme séance que l’on a utilisé des poids (200 grammes) pour muscler ma jambe droite et mes bras. C’était un grand effort. J’ai fais tellement de cris quand on a essayé de bouger mon genoux qu’une infirmière est entrée dans la pièce pour s’assurer que tout allait bien. Et oui, je n’ai jamais eu aussi mal que dans les séances 4, 5, et 6, où l’on a travaillé le genou accidenté. Avec beaucoup de difficultés, je fis mes premiers pas avec un déambulatoire au cours de la 5eme séance et dans la 6eme on a essayé d’utiliser des béquilles mais je n’avais pas assez de force pour tenir et avancer. Les progrès furent petits jusqu’à ma dernière séance.19510172_834701880021635_5498703818444286120_n19665628_840433486115141_7682341724992101621_n
    • Rapatriement a Londres: le rapatriement à Londres s’est fait en plusieurs étapes et avec l’encadrement d’un médecin. J’ai commencé par 2 étapes en avion ambulancier jusqu’à mexico city (grand luxe – j’étais seul dans l’avion avec 2 médecins) puis j’ai pris un avion de ligne jusqu’à Francfort (où j’étais sur un brancard) puis un dernier avion jusqu’à Londres (en brancard). De l’aéroport j’ai été transféré dans l’unité Post Trauma de l’hôpital Ste Mary’s à Londres où je suis resté 1 semaine. C’est la que nous avons découvert une nouvelle fracture au genou. Après 1 semaine dans cette unité, j’ai été rapatrié chez mes parents. Et oui, sous pression budgétaire, le service public de santé en Angleterre est obligé de pousser les patients vers la sortie.19756577_840433569448466_4401138316974738043_n

 

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3 thoughts on “Carnet de Voyage – Les Amériques

  1. Super récit! Une question et une remarque.

    1- depuis ton départ je me demande comment tu fais pour maintenir ton autonomie en essence. Les motos ont des réservoirs petits et même avec un bidon je me demande vraiment comment tu y arrives. 2- j’ai adoré le passage avec les 7 douaniers. Tu as bien joué mais tu ne sais probablement pas que en Amérique latine une bière est le nom de code pour un bakchich. Vers 1990-1 quand le Brésil vivait une inflation de plus de 5% par jour les journaux donnaient chaque jour le prix de la cerveza… et arrêtés pour un rien le flic véreux te disait que ta plaque salle méritait “deux bières”.

    Bonne route! JL

    Liked by 1 person

    1. Merci Jean-Louis – ca me touche beaucoup!
      Pour l’essence la moto a 2 tanks intégrés a la moto me donnant 20 litres en capacité (10 chacun environ) puis quand je pars dans des régions très isolées comme en Namibie je remplis mon 3eme reservoir portable en plastique de 5L. La moto fait du 3.7L/100km

      Pour la bierre je ne connaissais pas cette référence au Bresil mais je savais qu’il s’agissait bien d’un nom de code! J’ai joué la carte de l’ignorant volontairement en proposant des bananes!

      A bientot- comment était la nage avec les tortues?

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  2. UN grand Merci Jean pour tes recits. Passionnant.
    J’admire ton calme en toute circonstance.
    Je t’embrasse bien fort
    Marielle

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